Parce que les transatlantiques...
| Jour 14 : Amsterdam ne veut pas de moi |
| Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650) | |||
16-08-2002 : 251 km / 3851 km
Avant de prendre la routeCe qui est surprenant en Belgique et aux Pays-Bas, c'est la concentration d'autoroutes. Les deux pays ayant une superficie assez petite, on se retrouve à faire des sauts de puce pour aller d'une ville à l'autre. Je suis parti assez tard de Bruxelles : la matinée était consacrée à ma lessive ! Je me sentais un peu hors-norme dans la laverie au milieu des femmes arabes venus nettoyer des quantités industrielles de linge. Un vieux monsieur avec un accent totalement incompréhensible m'a gentiment aidé à me servir des machines dont les modes d'emploi n'étaient pas écrits en français ! Une autre dame m'a fortement conseillé deux séchages "minimum !" pour mon pantalon... J'ai beaucoup aimé ce moment. Il semble que ce quartier soit une vraie petite communauté où tout le monde s'entraide et les motards en cuir sont bienvenus !La lessive est aussi un bon moyen de décompresser et de retrouver un moral un peu émoussé par la transition Grande-Bretage / continent. Pouvoir re-ranger mes affaires propres, organiser à nouveau les sacoches, etc. c'est comme me relancer dans le voyage.Je ne peux pas nier avoir eu l'envie de rentrer, surtout en croisant un panneau m'indiquant Paris à moins de 500 km. Mais ce moment de faiblesse m'est vite passé en pensant que je me baladerai bientôt dans Amsterdam.Sorry, we are fully booked !200 kilomètres d'autoroute plus tard, je suis dans Amsterdam. J'arrive sans trop de difficulté à trouver l'auberge. Auberge où je n'avais pas réservé et qui était pleine à craquer. Acte manqué ? Distraction ? Bêtise ? D'une part je n'ai pas téléphoné pour vérifier les disponibilités mais en plus j'ai oublié de recharger mon téléphone portable.Et si j'avais été un minimum malin, je me serais renseigné et aurais su qu'en cette saison il faut oublier l'idée de se loger à Amsterdam. Tout est fully booked et c'est limite si l'on ne me prend pas pour un crétin lorsque je demande en fin d'après-midi s'il y a un lit disponible pour le soir même.Les Pays-Bas étant tout petit, toutes les auberges à proximité sont dans le même cas. Je recharge discrètement mon téléphone dans le hall de l'auberge, puis je commence à sérieusement m'inquiéter après une dizaine d'appels. Je ne vais tout de même pas me retaper le plan Edinburgh-Torridon ? Le seul hôtel que j'ai trouvé est à 85 euros la nuit : pas question !Non, aujourd'hui je n'aurai que 50 kilomètres à faire pour me poser quelque part. J'atterri dans la douleur à Noordwjik, sur la côte Est du pays.Touristes allemands.De cette soirée à Noordwjik je ne garderai qu'une seule envie : me casser ! Foutre le camp des Pays-Bas et n'y revenir qu'en hiver !Si l'auberge est très confortable avec toutes les accomodations rêvées, elle est surtout emplie d'un groupe de jeunes touristes allemands. Et c'est dur. Les filles d'un côté, les garçons de l'autre, ça boit de la bière à tout va, ça rote sans arrêt, ça beugle de temps en temps et pour je ne sais quelle raison, on entend de la techno merdique en fond sonore toute la soirée. Les adultes qui les accompagnent fonctionnent exactement sur le même mode, il n'y a que le ventre plus bedonnant qui fait la différence. Dans les derniers mails que j'ai reçu, on m'a souvent dit que les prises de son étaient une bonne idée. Je vous en livre une qui résume assez bien l'ambiance ici. Au bar, des jeunes picolent, devant la télé les femmes adultes regarde un talk-show (je crois), dehors les hommes adultes picolent aussi et les filles sont en vadrouille, parties avec des packs de bière. encore moins ne danse dessus. Choc terrible, je retrouverai la même musique le lendemain au petit-déjeuner ! A propos de petit-déjeuner, je l'ai mis en vignette dans le menu de gauche car je l'ai trouvé très caractéristique de cette journée : pas forcément appétissant pour mon palais français éduqué aux croissants ! Au menu : café, confiture, toasts, deux types de fromages, et de la charcuterie. Quelle différence avec les breakfast anglais et écossais me direz-vous ? Et bien, en Grande-Bretagne tout est servi chaud et l'on a l'impression de prendre un déjeuner plutôt qu'un petit-déjeuner. Ici, c'est servi froid et j'avoue avoir eu un peu de mal au début. Dagoberto et Georgina
Au milieu des adolescent allemands, j'ai la chance de croiser Dagoberto et Georgina. Ils sont Mexicains, frère et soeurs, 27 et 22 ans.Dagoberto est en stage à Bologne en Italie. Il finit des études sur l'écologie et l'environnement. Actuellement il travaille sur les problèmes de pollution à Bologne, mais devrait à terme s'occuper des attributions de protections de sites naturels dans son pays. Sa sœur étudie la cuisine à Mexico pour devenir "chef", elle est venue passer quelques vacances avec son frère. Ils apprécient tous deux l'Europe pour le côté "civilisés" qu'ils opposent à leur ville natale où la sécurité, la tranquillité sont des denrées rares. Georgina me décrit notamment le plaisir qu'elle a eu à pouvoir s'installer dans un parc public pour bouquiner sans être dérangé. En revanche, ils ressentent le fait d'être des étrangers. Pour pouvoir travailler en Italie, Dagoberto est obligé d'aller pointer régulièrement au commissariat local et comme les italiens ne parlent (ou ne veulent parler) que leur langue, il a été parfois vertement accueilli. Pour le moment, ils profitent de l'été pour se balader un petit peu en Europe avant de repartir en septembre pour le Mexique. Tout comme moi, ils galèrent pour se loger dans le coin.En tous cas, il apparait clairement que je ne pourrai justement pas loger à Amsterdam ou ses environs dans les prochains jours. Et ce, encore moins si l'on considère que nous sommes un week-end. J'irai donc faire un dernier arrêt dans la campagne des Pays-Bas avant de continuer vers le Nord...
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