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Parce que les transatlantiques...

Jours 15-16-17-18 : routes néerlandaises
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

7-08-2002 : 292 km / 4144 km8-08-2002 : 0 km / 4144 km

9-08-2002 : 129 km / 4273 km

10-08-2002 : 506 km / 4779 km

A l'heure où j'écris, j'ai de plus en plus le sentiment que les Pays-Bas et moi-même ne sommes pas trop faits pour nous entendre...Je devrais être en route pour le Danemark, via l'Allemagne, et me voilà cloué à l'auberge d'Orvelte pour cause de gastro. Un truc que j'ai dû manger ou boire et qui a foutu le bordel à l'intérieur. Je vous passe les détails.Ajoutons à cela le retour de la pluie mais sans la disparition de la chaleur, quelques moustiques qui arrivent à passer le barrage de mon spray, pas grand chose à faire dans le coin, personne dans l'auberge... Le tableau à des reflets de morosité dont je me passerais bien.J'attends patiemment que mes entrailles reprennent une activité normale pour m'évader, en espérant que ce sera aujourd'hui....Tiens, à peine cette dernière phrase tapée, la patronne de l'auberge me demande de bien vouloir plier bagage. L'auberge est en fait une école, et elle n'accueille les gens que jusqu'à aujourd'hui ! Me voilà donc condamné à trouver un autre endroit où souffrir bêtement...En attendant, voici ma balade néerlandaise de ces deux derniers jours... 

Encore de l'autoroute !

autoroute   statuenl  

Même s'il m'est impossible de rester à Amsterdam, ça n'est pas pour autant que je dois me laisser abattre ! J'ai décidé pour aujourd'hui de faire mon quota d'autoroute pour ensuite aller voir un peu l'arrière-pays par les départementales et nationales. Vous noterez sur la carte un bras de bitume qui traverse la mer du nord. Très impressionnant de rouler avec la mer à perte de vue de part et d'autre de la route ! En plus, ça offre le plaisir de voir autre chose que des immeubles, des hangars et des publicités géantes... Sans compter l'odeur plus agréable et la pollution moins présente. C'est en plein milieu de ce tronçon, qu'une aire de repos propose la visite d'un monument, qui n'est en fait qu'une statue d'un homme se penchant pour soulever une pierre. Je ne suis pas resté assez longtemps pour lire les origines de cette oeuvre, mais elle semblait fasciner beaucoup de gens. Je n'ose imaginer les photos qui ont pu être prises face à une position si équivoque... Mais en l'occurence, ce sont des touristes japonais qui prenne la pose auprès de la statue, bien sagement les uns après les autres .De la fausse campagne : Une fois sorti de l'autoroute, c'est un tout autre paysage qui m'attend. Le terme qui, à première vue, caractériserait la campagne Hollandaise serait "charmante". C'est assez plat, mais largement agrémenté d'éoliennes et de moulins à vent, un véritable cauchemar de Don Quichotte ! Il y a beaucoup de vaches, de chevaux et le tableau est bucolique à souhait. Lorsque l'on rentre dans les villages, l'impression ne change pas. En réalité, j'avais le sentiment de me déplacer dans une gigantesque et très riche banlieue résidentielle. Ce ne sont que des maisons, avec jardins et décorations à outrance. Tout est paisible, les gens se saluent, la majeure partie se déplace en vélo, souvent en groupe et les quelques voitures croisées roulent si lentement que plus d'une fois je manque d'en encastrer une par l'arrière.

village

A vrai dire, si j'ai d'abord choisi le terme "charmant", je suis assez vite passé au terme "chiant" ! Car finalement, pas une pointe d'originalité ne vient réhausser le goût des lieux. On passe d'un village à l'autre sans voir de différence notable et le reste est plat, plat, et encore plat. Peut-être était-ce mon humeur maussade du moment, mais je ne me sentais pas à l'aise dans ce "paradis". J'ai pourtant fait l'effort d'y rester une journée de plus, uniquement pour me balader dans la région, mais je n'ai pas réussi à apprécier réellement l'endroit.

pont2 pontnl   ville 

Il serait de mauvaise foi de dire que je n'ai pas du tout aimé ! Il y a eu quelques moments sympathiques, notamment sur le bord d'un canal à Leeuwarden, petite capitale de la région. Comme le reste de la campagne néerlandaise, elle est parcourue de canaux avec des ponts qui se soulèvent. Personnellement, j'ai trouvé très apaisant de voir défiler les bateaux. Mais à ce moment là je fumais une clope sur un banc et je n'étais pas assis sur ma moto, sous le soleil, dans le carcan de mon armure de cuir noir. J'ignore si c'est moi qui ait un sens de l'orientation désastreux (je pense que cela a joué), mais je n'ai pas arrêté de me perdre ! En fait, c'est un si petit pays que, mis à part les nationales, les routes ne sont pas  numérotées. Il faut se baser sur des noms de rues qui commencent et s'achèvent un peu n'importe où, et l'on a tôt fait de louper un embranchement. De plus, les panneaux n'indiquent que certains lieux, et bien sûr, jamais ceux que l'on a noté sur le roadbook. Si j'ai trouvé plutôt sympa de me perdre dans un premier temps, j'en suis vite arrivé à m'énerver de devoir sans cesse m'arrêter pour consulter mon portable qui me sert de carte routière universelle. 

Quelques rencontres

frise

Eeltsje et Ietsje. Pour le coup je leur ai demandé d'écrire eux-même leurs noms sur mon calepin ! Petite parenthèse à propose des noms : ils sont du même acabi en ce qui concerne les routes, les  villages et les rues. Pour celui qui n'est pas familier avec cette langue ça devient vite un calvaire ! Plus difficiles à mémoriser mais surtout impossibles à prononcer correctement pour demander son chemin !Ces deux sympathiques personnes sont frisonnes. Arrêtez de rire, cela signifie qu'ils sont issus de la Frise, région très particulière aux Pays-Bas. Et le monsieur est intransigeant là dessus ! Il me fait la promotion de sa province natale en m'expliquant que les frisons sont des durs à la tâche, fiable et lorsque l'on devient ami avec eux, c'est pour la vie. De plus, les vaches noires et blanches que je n'ai cessé de croiser sur les routes sont d'origine frisonne (arrêtez de rire je vous dis !), et sont réputées pour leur lait à travers le monde entier.En fait, la Frise a été la dernière région rattachée aux Pays-Bas et a toujours gardé son indépendance culturelle. Ainsi, tel que me l'explique Eeltsje, les gens ont leur langue tandis que dans les autres régions ce ne sont plus que des dialectes. J'opine du chef pour approuver cette "exception culturelle" dont nous, français, nous faisons les apôtres aux yeux du monde entier.D'ailleurs, je suis très fier de vous dire que jusqu'ici je n'ai pas foutu les pieds une seule fois dans un MacDo !

coline

Coline... Que dire, si ce n'est que nous avons vécu une grande passion éphémère mais je me doute bien qu'elle ne m'appréciait que pour mon ordinateur et ses capacités à faire des dessins plus abstraits les uns que les autres. Je n'était que l'instrument de sa muse puisque mon rôle était de changer les couleurs sous un logiciel de dessin quelconque. Son inspiration conduisait la souris ou le pad tactile pour constuire fleurs, maisons et ciels bleus.Las, sa maman a mis fin  à cette envolée artistique par un sévère (mais juste) : "Il est l'heure d'aller au dodo".Le reste de la soirée se fera au son de ma collection personnelle de MP3 en discutant avec la maman (Anne, belge) et une autre vacancière (Odile, allemande) par baragouinages de trois ou quatre langues. Je pense que dans la foulée nous en avons créé une ! Dernière carte.Après mon départ forcé de l'auberge d'Orvelte, j'ai tout de suite pris la route de l'Allemagne. Quand je ne "sens" pas un lieu, un moment, une personne, je préfère prendre congé. D'autant plus que l'on me conviait à aller voir ailleurs ! Toujours un poisseux, j'ai eu du mal à trouver une auberge avec un lit de libre. En Allemagne, les auberges de jeunesses sont une institution bien plus reconnue qu'ailleurs et il s'en trouve absolument partout. Revers de la médaille, c'est aussi un système très prisé par les vacanciers et vu la saison je me suis retrouvé une fois de plus devant une accumulation de "Sorry, we are fully booked".Chose qui m'a étonné, je pensais que les allemands étaient bien plus nombreux à parler l'anglais. Ca n'est définitivement pas le cas. Heureusement que les mots "one", "bed", "tonight", sont assez connus dans le monde entier.J'ai donc finalement atterri à Westerstede, où j'ai cru distinguer à nouveau la lueur de ma bonne étoile. Tout  d'abord, j'ai trouvé immédiatement l'auberge alors qu'elle n'était pas indiqué sur mon plan informatisé (village trop petit). Ensuite, j'avais la chambre pour moi tout seul, très confortable, avec salle de bain particulière. Je n'ai rien fait de ma soirée si ce n'est attendre, avec quelques médicaments, que mon bide arrête de danser la gigue et que la petite fièvre, qui avait fait son apparition dans l'après-midi, redescende.Le lendemain, jour où je finis ce texte, j'ai repris la route frais et dispos et avec bien plus de cœur que les jours précédents. Ce fut une journée utilitaire, puisque j'ai surtout voulu trouver un garagiste pour faire une petite révision de la moto. Elle a dépassé les 32000 kilomètres et a besoin d'une bonne vidange et quelques contrôles : tension de chaîne, jeu d'embrayage et de gaz, etc. J'aurais pu tout faire moi-même avec mes outils, mais l'idée de "mécaniser" en pleine rue ne me tentait pas vraiment.Cette fois, ma bonne étoile est repartie en vadrouille je ne sais où ! Certes, j'ai trouvé sans trop de mal un concessionnaire Suzuki à Hambourg, mais il m'annonce qu'il n'y a pas de mécanicien dans toute la région, aujourd'hui et demain, parce qu'ils sont tous en formation sur un des derniers moteurs de la marque ! Après avoir copieusement insulté le constructeur de ma moto, ainsi que ma bonne étoile en congés à durée indéterminée, je décide de reprendre la route.L'Allemagne ne veut pas de moi non plus ? Et bien j'irai aujourd'hui au Danemark !400 kilomètres d'autoroute (encore !!) plus loin, je suis dans une auberge très agréable, avec piscine, qui est en fait un complexe sportif. Je suis arrivé en plein milieu d'un match de handball féminin. Je ne vous dis que cela...