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Parce que les transatlantiques...

Jour 19 : passage par le Danemark et arrivée en Suède
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

21-08-2002 : 309 km / 5088 km

Du point A au point B, platitude

Me voilà donc en Suède après avoir traversé en un éclair la Belgique, la Hollande, l'Allemagne et le Danemark. Ces pays ne m'ont définitivement pas séduits. Toutefois, les conditions n'étaient pas idéales : chaleur, fatigue, santé... Cette accumulation de petits problèmes m'a sévèrement atteint au moral et m'a empêché de me sentir à l'aise.Il ne fait nul doute que j'ai raté plein de choses, que j'aurais dû prendre plus de temps mais mon humeur n'y était pas, et j'avais surtout un furieux besoin d'avancer vers des contrées un moins connues.Cela commence à être le cas avec la Suède. En fait, depuis le nord de l'Allemagne, ce qui m'a frappé en premier lieu est la "blondification" de la population. Ca n'est donc pas un mythe, le blond Danois et Suédois est bien implanté ! Et pour ce que j'en ai observé, avec mon œil le plus latin, les filles ici sont effectivement très jolies... Par contre, les garçons, en toute objectivité, le sont beaucoup moins. Souvent le visage assez gras, avec une moustache d'adolescent prépubère, les cheveux épais... Le contraste est vraiment étonnant.Je vous raconte tout cela, mais cela ne fait jamais que quelques heures que je suis en Suède !

dan  eole

En ce qui concerne les routes, le Danemark m'a laissé la même impression que la Hollande : désespérément plat. Et les villages n'ont même pas de charme. Je n'ai pas vu une seule ancienne batisse, tout semble daté d'hier avec des couleurs criantes (jaune, bleu) sur fond blanc. Quand je reviendrai de la Norvège, j'espère que j'aurai de meilleures surprises en passant par le Jutland du Nord. Evidemment, pas un seul virage pour agrémenter la conduite et c'est couché sous la bulle, en position du crapaud, que j'attends patiemment que les kilomètres défilent.Seuls moments vraiment impressionnants : les traversée de deux bras de mer, entre Ringe Copenhague, puis Copenhague et Malmo (Suède) sur de gigantesques ponts. On les voit s'étendre à perte de vue et le vent marin qui les traverse fait tanguer la moto dans tous les sens ! Malheureusement, je n'ai pas pu prendre de photo car aucun point d'arrêt n'était prévu sur ces mastodontes de béton et filins.Route, pneus et révisions :La Suède semble déjà plus prometteuse. Ca reste encore assez plat, mais de gigantesques forêts m'ont accueilli jusqu'à ma première auberge suédoise. Et puis, se sont enfin dessinés quelques virages et donc la possibilité de m'amuser un peu sur la moto.Pas trop tôt d'ailleurs ! Rouler sur un engin à deux roues, exposé aux intempéries, inconfortable, dangereux... pour ne même pas avoir le plaisir de la conduite ! Arg !J'ai donc pu recommencer la "décarréification" de mes pneus. J'explique pour les non-motards : à trop rouler sur l'autoroute, les pneus d'une moto deviennent "carrés" car la bande de roulement du milieu s'aplatit. Ca n'est pas gênant tant qu'on est en ligne droite, mais si l'on en vient aux courbes, la moto tombe d'un coup sur l'angle et la sensation est assez désagréable. De plus, il y a  risque de perte de contrôle de l'engin en conduite un peu "sportive".

svs19

A propos de l'engin, j'ai enfin pu faire mes menues opérations mécaniques. Ca m'a coûté 75 euros, donc cher, mais j'ai une huile et un filtre tous propres, des pneus à la pression idéale (je ne fais pas confiance aux manomètres des stations essences), une chaîne bien tendue et tous les câbles sont vérifiés et graissés. Très gentiment (encore heureux pour le prix) le garagiste à Odense m'a fait tout ça dans la demi-heure et en me laissant regarder. La principale raison pour laquelle le prix est élevé en revient à la MOMS. C'est une TVA de 25% qui s'applique à absolument tout ce qui est vendu, y compris les services  De ce fait, la vie est globalement chère au Danemark. Quelques détails qui fâchent à propos de la Suède... Suis-je mal tombé ? Aurais-je été incorrect ? Toujours est il qu'à plusieurs reprises j'avais un net sentiment d'antipathie à mon égard ! Trois petites anecdotes :  - En arrivant à Ahus, je demande où se trouve l'auberge de jeunesse à des jeunes attablés à une terrasse. C'est tout juste s'ils me regardent et marmonnent vaguement quelque chose en pointant une direction d'un geste vague. Agréable. Au moins, c'était la bonne direction. - A l'auberge, je règle les formalités d'admission. Le type à l'accueil et moi-même pataugeons dans les conversions étant donné que je n'ai que des couronnes danoises et des euros sur moi, mais pas encore de couronnes suédoises. En plaisantant, donc avec un sourire que je pense gentil, voire complice, je lui dis simplement qu'on attend tous impatiemment que la Suède passe à l'euro. Il me répond, glacial, que que la France peut passer aussi passer à la monnaie suédoise. Sic. - Dans une pizzéria en ville, je commande une pizza à emporter. J'ai le malheur de demander à ce qu'on me la fasse un peu plus petite que la normale, car je n'ai pas très faim. Evidemment, je précise que je paierai le même prix. Le pizzaiolo, que je semblais déranger depuis mon arrivée me demande, glacial aussi, pourquoi je mange si je n'ai pas faim et me regarde comme si j'étais le dernier des abrutis... Re-sic. Autre tentative d'intégration ratée : alors que je retire les bagages de la SVS, un gamin de 15 ans à peine vient me voir et me demande, dans un anglais parfait, si je veux bien aller lui acheter des cigarettes ! J'ai refusé en lui faisant un brin de morale. J'ai eu droit ensuite à deux bonnes minutes de coups d'oeil courroucés alors qu'il était de nouveau avec sa bande de copains.Tout ceci en moins de quatre heures, j'ai eu du mal à ne pas me faire une mauvaise opinion de l'hospitalité suédoise. Je verrai sur la route ce qu'il en est vraiment