Parce que les transatlantiques...
| Jours 21-22-23 : Stockholm |
| Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650) | |||
23-08-2002 : 110 km / 5686 km
24-08-2002 : 0 km / 5586 km25-08-2002 : 0 km / 5586 kmCela doit être dans ma nature : je ne sais pas apprendre de mes erreurs passées. Je n'ai pas pensé à téléphoner aux auberges de Stockholm pour vérifier les disponibilités. Croyant vaguement qu'en cette fin de saison la ville serait plutôt sur la pente descendante de son effervescence estivale, je comptais trouver un lit aisément. Cruelle désillusion lorsqu'on m'annonce qu'il n'y a pas de lit de libre mais qu'en plus, il ne faut pas compter en trouver ailleurs. Le plan Amsterdam semble se profiler à nouveau...
Ma bonne étoile qui était dans le coin, probablement pour vérifier si elle n'avait pas oublier de fermer le gaz, met alors sur ma route un fort sympathique jeune homme : Karim. 19 ans, une bonne tchatche (il parle tout le temps !) et une grande gentillesse. Cette fashion-victim me redirige sur une auberge indiquée dans son guide, à 10 bornes de là. Ca n'est pas une auberge de jeunesse qui a une accréditation officielle de la FUAJ (www.fuaj.org ), mais il y a ce qu'il faut pour que je puisse dormir, me doucher et surtout rester à proximité de la capitale de la Suède. Karim et moi nous donnons rendez-vous le soir-même pour une balade en ville. Cela fait deux jours qu'il n'a pas dormi, aussi malin que moi en matière d'hébergement, et a eu le talent de se trouver une norvégienne pour ne pas coucher dehors. Mais il n'en a pas dormi pour autant ! Info ou intox ? J'ai la faiblesse de croire en son histoire, qui sonne bien !Il faut dire que le garçon est du genre convaincant. Déjà grand voyageur et, semble-t'il, très débrouillard, il a un charisme naturel qui peut lui promettre un brillant avenir, même s'il vient de rater son bac... Il le repassera en prenant des cours à distance durant l'année scolaire qui vient et en parallèle il travaillera pour se faire de l'argent de poche et pour que ses parents ne soient pas les seuls à payer l'école de commerce d'art dans laquelle il veut entrer.C'est un véritable prince, toujours séducteur et avec des petites phases d'autorité caractérielles qui m'ont faites mourir de rire. Pipelette, toujours un avis à donner sur ce qu'il voit ou entend, je ne me suis pas ennuyé avec lui, sauf lorsqu'après quelques verres il a commencé à devenir pénible (mais rien de méchant, t'inquiète pas Karim !). Il s'inquiète sans arrêt de ses fringues, de son apparence et joue l'esthète averti, voire intransigeant. J'ai apprécié, derrière cette façade de sale gosse superficiel, son côté sensible et sa façon de se livrer. Nous avons beaucoup discuté et je le percevais presque comme un petit frère un peu turbulent...Nous sommes vendredi soir et c'est night fever à Stockholm. Je reviens à présent sur ce que je disais à propos des filles en Suède. Je les trouvais plutôt jolies. A présent, en ville, en tenue de combat pour sortir, elles sont tout simplement atomiques ! Plus belle les une que les autres, plus sexy les unes que les autres, plus blondes les unes que les autres... Karim fera un bon résumé en disant : "ce sont des blondes avec des corps de blacks !".!Et ça picole sévèrement à Stockholm. Dès le début de soirée je fais un superbe évitement pour ne pas percuter un soûlard un peu avance sur l'heure d'ébriété standard. Et plus la soirée avance, plus les garçons et les filles sont dans des états pitoyables. Sur la fin, vers 3 heures du matin, heure de fermeture légale des bars, c'est assez terrifiant et nombreux sont ceux qui frôlent le coma éthylique. L'ambiance est assez étrange : on voit assez peu de couples et on a plutôt l'impression d'être dans une gigantesque cour d'école. Les garçons se chamaillent et se courent après tandis que les filles restent entre elles à pouffer.En cette fin de saison il y a encore beaucoup d'étrangers. La plupart semblent être venus pour les Suédoises. Dans le visitor book de l'auberge de jeunesse je lis même un message d'un jeune allemand qui dit que Stockholm est une ville fantastique, qu'il a eu un peu de mal au début mais qu'il a finalement réussi à sortir avec une swedish girl, ce qui était la raison de sa venue !
Pendant la soirée, Karim et moi étions accompagné de Marian. Né au Congo, vivant à Bruxelles, il nous narre (gue ?) fièrement son histoire sexuelle avec une finlandaise dans le ferry pour Helsinki. Il passera la soirée à "attaquer" quasiment toutes les filles que nous croisons (et il y en avait un certain nombre) et aucune ne voudra de lui ! Il faut dire que la méthode "psssssst" ou "hey angel !" est d'une classe sans précédent dans les annales de la drague.Je discuterai avec lui le lendemain, après une nouvelle tentative ratée auprès de deux suissesses (photo). Pour vivre, il me dit vendre des "trucs". Quelques précisions plus tard, il se révèle dealer de toutes sortes de paradis artificiels, des plus doux aux plus dangereux. Loin de l'image du vilain dealer, sa voix douce, son sourire quasi permanent le ferait pour passer pour un gentil garçon un peu perdu. Mais en quelques mots cette idées s'estompent vite : il gagne bien sa vie et il est conscient de n'être pas loin de la prison. Comme de bien entendu, quand je lui demande si lui même il prend de ce qu'il vend : "tu sais, je ne fumes même pas des cigarettes alors le reste...".C'est à la dernière minute, conscient de tout ce qu'il venait de me raconter, qu'il essaye de se rattraper aux basses branches en m'expliquant qu'il plaisantait et qu'en réalité "Je travaille dans l'optique, les lunettes tu vois ?". Ma réponse sera laconique : "Oui Marian, il y a un mot pour ce métier : opticien".
La journée du lendemain est consacrée à la visite de la ville. Dire des "morceaux de ville" serait plus juste. Stockholm est morcelée en îles de tailles variables (Gamlastan, Skeppsholmen...) et cela donne un cachet incomparable. Peu ou pas de petites rues tortueuses où se perdre : il y a essentiellement de grandes avenues et de larges rues organisées à l'américaine, c'est à dire en perpendiculaires et parallèles.Beaucoup de grand magasins, de monde et pas grand chose à voir, il m'a fallu aller du côté des rives des îles pour être conquis. Il y a quelques bateaux, dont le fameux Chapman, gigantesque trois mâts qui est... une auberge de jeunesse ! Tout autour ce sont des vieux batiments publiques, des hôtels anciens ou des églises.Une grande avenue est uniquement dédiée à la flânerie le jour et aux rencontres les plus improbables le soir.
Le samedi soir est tout aussi extrême que le vendredi soir et je passerai une fois de plus la soirée avec Karim de bars en bars. Ne pouvant pas boire d'alcool pour cause de moto (et ne buvant pas de manière générale), j'ai pu observer en toute lucidité les débauches des nuits de Stockholm. Il faut dire que dès l'après-midi ça commence ! Entre camés qui se shootent en pleine rue et les types complètements bourrés sur les pelouses il y a de quoi avoir peur. Les jeunes filles qui ont allures si avenante vers 20 heures sont affligeantes vers 23 heures. Pour une cigarette, j'en ai vu deux rouler des pelles à des blacks vendeurs de shit. Une fois leurs clopes obtenues elles se sont éclipsées en zigzagant, se soutenant mutuellement. Sans parler de tous ceux que l'on croise en train de rendre leur dîner, de cuver dans un coin, ou tituber en hurlant diverses insanités (je suppose).Pour ma part, je suis rentré vers 4 heures du matin et j'ai dormi jusqu'à 13 heures.
L'après-midi suivante, j'ai flâné un petit peu, mais ayant beaucoup marché ces deux derniers jours, habitude que l'on perd vite à force d'être sur une moto à longueur de journées, j'ai surtout profité du soleil en trainant à une terrasse de café. De toutes manière, le temps m'est compté puisque je prends le ferry pour la Finlande le soir même, traversée de nuit qui, je l'espère, me permettra de récupérer.
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