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Parce que les transatlantiques...

Jours 24-25 : arrivée en Finlande
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

26-08-2002 : 521 km / 6207 km

27-08-2002 : 307 km / 6514 km

Sur le ferry

moa24  chanteur  danse 

Je suis assez fatigué de ma nuit sur le ferry. Avec le week-end à Stockholm, j'ai décalé mon horloge biologique et à une heure du matin il m'est impossible de dormir. Je traîne donc un peu sur les différents ponts avant de rejoindre ma cabine, que je partage avec quatre personnes, superbement aménagée et d'un confort surprenant pour un espace aussi restreint.Le ferry est une véritable petite ville. Il y a dix étages, avec restaurants, club, casinos, piscine, sauna, et bien sûr les cabines des passagers. Pour tout dîner, je grignote un sandwich au son d'un groupe qui fait des reprises avec plus ou moins d'aisance. Quelques couples dansent sur la piste sans trop d'entrain. La qualité d'interprétation serait elle en cause ? Je vous laisse juge avec la prise de son que je n'ai pu m'empêcher de faire sur le moment : Avertissement ! Toute écoute prolongée peut entraîner de sérieuses dégradations neuronales. Enfin, moi ce que j'en dis...

Je vois beaucoup de russes qui retournent chez eux après quelques vacances en Suède et qui dépensent leur dernières devises dans les machines à sous réparties sur le bateau. Un jeune Suédois d'origine turque m'engueule presque parce que je suis devant mon ordinateur au lieu d'être au night-club où, parait-il, c'est la fête. J'y passerai en coup de vent pour voir une trentaine d'adolescents se trémoussant sur une piste presque vide. N'étant déjà pas un grand adepte de ce genre d'endroit, je préfèrerai me balader dans les coursives et hûmer l'air du grand large, quelque peu mazouté.Difficile réveil vers 6h30 du matin quand nous arrivons à Turku. Le temps de faire le plein, de boire un café et manger un petit quelque chose, je prends immédiatement la route pour Tampere.Enfin des sourires !Enorme changement en arrivant en Finlande : la chaleur des gens. Ca n'a plus rien à voir avec la Suède !Voilà seulement deux heures que je suis arrivés et l'on est spontanément venu me voir. Il faut dire que mon attirail détonne toujours par rapport aux couleurs locales. Entre le blouson et le pantalon en cuir, la moto rouge chargée de bagages, mon PC portable ou mon atlas avec marqué "Europe" en énorme dessus, j'ai parfois le sentiment, pas forcément désagréable, de faire un peu bête de foire.Ici, c'est avec le sourire qu'on m'adresse la parole ou qu'on me répond, aussi bien à la terrasse du café d'où j'écris, qu'à la première station essence où j'ai fait le plein. Moment charmant par excellence, une vieille dame qui ne parle pas anglais essaye de savoir d'où je viens, ce que je fais et où je vais. Nous baragouinons tous deux comme nous pouvons, et elle partira en me disant d'être prudent sur ma moto... En finlandais bien sûr !

lautre  awan 

Bon évidemment il a fallu que je rencontre des francophones. Awan et son ami, dont j'ai oublié le nom, sont marocains et vivent depuis deux ans en Finlande. Awan, prétend avoir émigré pour les filles ! Il faut dire, qu'à l'instar de Marian (cf. jour précédent), il n'hésite pas à les appeler, limite s'il ne les siffle pas. Une différence toutefois : il ne se lève même pas de la terrasse où nous causons pour les accoster... Il me dit être content d'être ici, même s'il préfère la France. Il a beaucoup bougé dans sa vie et ne fait vraiment pas ses 34 ans. Content, mais pas franchement enthousiaste même s'il ne sait pas dire pourquoi. Il a monté un commerce de kebab et fait les marchés. Le côté trop "parfait" de la qualité de vie à l'air de le porter à l'ennui. Parfait ? Depuis que je suis arrivé dans les pays nordiques je n'ai pas vu un seul SDF. Tout au plus quelques clochards dans les grandes villes et quelques drogués. Sinon, la population semble faire uniquement partie de la middle-class, avec tout le confort de vie que l'on peut rêver. Cette sensation se retrouve aussi bien en ville qu'en province. Awan m'explique qu'il est très facile de venir travailler ici. La densité démographique est si basse que le pays a besoin de main d'oeuvre dans toutes sortes de domaines. Moi qui me demande où je vais bien pouvoir travailler bientôt, voilà qui donne matière à réflexion... 

On the road again... 

fog  longueroute  lac 

Sur la route, il n'y a pas grande différence avec la Suède, mis à part la quantité de lacs que j'ai croisés. Il suffit de regarder la carte pour comprendre pourquoi ! La région est trouée, morcelée, éparpillée mais n'a pas pour autant beaucoup de relief. Je roule donc à travers d'immenses étendues forestières et sur de longues lignes droites où, parfois, quelques grandes courbes viennent me sortir de ma torpeur. Toutefois, je trouve très agréable de rouler ici. On sent venir progressivement la fin de l'été et les couleurs sont magnifiques, beaucoup plus variées que le vert sombre uniforme des forêts suédoises. Et puis, me trouver si loin de chez moi, dans un pays qui sonne un peu comme un "bout du monde" me met une sorte de baume au cœur. D'ailleurs, pour accentuer ce sentiment, il y a des panneaux prévenant de la présence de rennes et d'élans sur la route absolument partout ! D'après ce que je sais, il faut les prendre au sérieux. Il y a de nombreux accidents avec ces grosses bêtes qui ne sont pas très malignes. Pour le moment, je n'en ai pas vu une seule.

Fin de la première journée finlandaise

auberge (panorama)

Après pas mal de kilomètres je me suis arrêté dans une auberge de jeunesse qui ne semble pas du tout en être une. Tenue par une dame dans la cinquantaine et sa mère, j'ai une maisonnette pour moi tout seul, avec terrasse, rocking-chair, et le lac évidemment ! Pour le coup je regrette d'être en solo. L'endroit est parfait pour un week-end en amoureux... Le lendemain, j'aurai droit à un petit-déjeuner pantagruelique qui me fera presque la journée. Je vous livre ici mon premier essai de panorama. La maison devant laquelle est garée la moto est celle où j'ai dormi. Grande cuisine, deux chambres, décoration à l'ancienne et... la télévision ! Depuis que je suis parti, le seul moment où j'ai pu regarder un programme télé étranger était chez Alex et Mumu en Angleterre. Pas très glorieux d'ailleurs. Juste pour vous donner une idée du niveau, après avoir regardé "Lesbian love stories" il y a eu l'annonce d'une émission intitulée "Dwarf teenagers life" ("La vie des adolescents nains").En Finlande, ils n'en sont pas encore là. Les programmes semblent assez similaires aux nôtres avec la dose syndicale de séries américaines, mais aussi des émissions politiques et le très en vogue "Ile de la tentation". Beaucoup de programmes sont importés. Chose étonnante, et appréciable, tout est en version originale sous-titrée. Pas étonnant qu'ici la majeure partie de la population sache alors aussi bien parler anglais.Je profite de la télévision pour rebondir sur la langue. C'est une peu idiot, mais les mots Finlandais me font mourir de rire. Surtout lorsque, paumé dans une ville, en prenant la mauvaise direction je suis un panneau marqué "Seppala", qui signifie "sortie de la ville"... Et puis, je trouve les sonorités (en français) chatoyantes à souhait : Kajaani, Rautalampi, Sodankila, Paltamo, kiitos ("merci"), jupakointy kielletty ("défense de fumer")... Pour vous donner une idée, j'ai fait une prise de son de publicités finlandaises à la télé : 

Deuxième journée

Rien de bien nouveau. Je suis parti tard de l'auberge, profitant des lieux pour continuer de récupérer. Aussi, j'ai limité ma journée en terme de kilométrage pour finir dans une nouvelle auberge, glauque à souhait. Elle est située dans une ville qui ne vaut guère mieux... Et moi qui était parti dans un grand élan de sociabilité tendance "allons à la rencontre des gens", j'ai été vite refroidi. Tout les commerces sont fermés, il traîne par-ci par-là quelques jeunes du coin qui boivent des bières en regardant le temps passer. Au vu de leurs regards peu avenant à mon encontre, j'ai préféré les ignorer et je suis allé me coucher. De toutes manières, il faut que j'avance. Je compte aller au cap nord et ça n'est pas franchement la porte à côté. De plus, nous sommes en toute fin de saison ici, et les auberges commencent à fermer les unes après les autres. Donc demain sera consacré à de la route pure et dure : du bouffage de bitume et de kilomètres comme je les aime...