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Parce que les transatlantiques...

Jour 27 : toujours un peu plus au nord
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

29-08-2002 : 356 km / 7427 km

 

Mauvais début de journée

J'ai commis une méchante boulette : je suis arrivé en retard au petit-déjeuner. D'après ce que j'ai lu sur le web du Guide du routard ( www.routard.com ) il faut impérativement être à l'heure en Finlande. Le problème c'est que j'ai oublié de mettre à jour mes montres et horloges en fonction du fuseau horaire.J'arrive donc ce matin, pimpant et tout sourire, pour être accueilli par un "we are waiting for you for one hour". Oups ! On m'a tout de même laissé prendre mon petit-déjeuner, mais j'ai eu droit à une attitude aussi joyeuse qu'une porte de prison de la part de la patronne de l'auberge. Je me suis répandu en excuses, j'ai débarrassé la table, proposé mon aide pour laver la vaisselle, j'ai imploré pardon, clémence et pitié mais rien n'y a fait. A son regard j'étais bon à être cloué au pilori en place publique.Alors, foutu pour foutu, j'ai demandé, yeux baissés, si je pouvais me servir de la connexion internet locale. Moyennant cinq Euros, j'ai eu droit à une liaison ISDN sur un vieux PC tournant sous Windows 98. J'ai mis à jour le site, mais suite à plusieurs plantages, une partie des images et des sons est passée à la trappe. Ne voulant pas abuser outre mesure, je remettrai tout cela au propre à la prochaine mise à jour.Avant de reprendre la route, je dois affronter un problème logistique. En cette fin de saison, il n'y a plus beaucoup d'auberges encore ouvertes. Celles qui le sont encore ferment leurs portes le 1er septembre. Or, en dehors des auberges il ne me reste plus que les hôtels, et pour ce que j'en sais, ils coûtent horriblement cher. Il faut donc que je compose entre mes désirs et mes capacités financières. Quoiqu'il arrive je veux passer par le Cap Nord pour longer ensuite la côte norvégienne. Ce sera donc une petite journée de route pour me rapprocher du Cap Nord. 

arc collines lac27 nuages27  (panorama)

Sans la contrainte du temps et de la distance, je roule tranquillement et profite du paysage. Car, pour le coup, c'est vraiment magnifique. Et pour ne rien gâcher, les virages sont de plus en plus nombreux, de plus en plus serrés et je retrouve le plaisir des trajectoires, des mises sur l'angle... Bref, le plaisir de la conduite moto !Histoire de corser un peu tout cela je manque de justesse de tomber en panne d'essence. A plus de 50 kilomètres de la prochaine station, j'ai déjà bien entamé la réserve. Ca n'est pas tant un manque de paranoia qui m'a mené au bout du réservoir, mais une méconnaissance du pays. Si, sur la carte Michelin, un bled semble suffisamment conséquent pour abriter une pompe à essence, il n'en est pas forcément de même dans la réalité ! En fait de bled conséquent, je suis plus souvent tombé sur trois ou quatres maisons en bois, quelques tracteurs et... la route !J'ai fait ces cinquante derniers kilomètres pétri d'angoisse, le moteur à 3000 tours/minute en 6eme, couché sous la bulle et les yeux rivés sur le compteur kilométrique. Que le temps semble long à 60 km/h quand le témoin de réserve reste allumé en permanence !Finalement, après un nouveau record de non-consommation de la SVS, je pousse un long soupir de soulagement en remplissant mon réservoir à Karasjok. La pompe m'indique 16,06 litres pour un réservoir de 16 litres !  Je reviens sur ce que je disais hier à propos de la température. Il fait très bon ! J'ai juste ajouté la veste de pluie, mais je reste en t-shirt en dessous du blouson. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages et le décor n'en est que plus beau. Je grelotte légèrement dans les zones d'ombres, mais sur l'ensemble du trajet c'est tout à fait supportable.Le froid n'est pas dépendant, pour le moment, de la latitude, mais plutôt de l'heure. Du matin à la fin de l'après-midi, aux alentours de 17 heures, il fait environ 20 degrés. Mais après, le thermomètre part en chute libre sur les 10 degrés et c'est tout de suite moins drôle. Et aujourd'hui, un plan galère de plus avec l'auberge de jeunesse. J'arrive vers 18 heures, transi de froid et suis accueilli par un cycliste qui semble attendre. Tout comme moi, il fait un tour d'Europe. Il était hier au Cap Nord et se dirige à présent vers le Sud. Il poiraute depuis un moment devant la porte close de l'auberge. A l'intérieur, les lumières sont allumées et apparemment elle est ouverte. De toutes manières, d'après mon guide elle fermera dans trois jours. Donc tout va bien.Nous devisons alors tranquillement jusqu'à l'arrivée d'une charmante demoiselle qui a le mauvais goût de nous annoncer que la saison est finie, plus assez de touristes, inutile de rester, allez mourir de froid ailleurs... Argh !La prochaine auberge étant beaucoup trop loin, il ne me reste plus qu'à trouver un hôtel pas trop cher. Le premier sur ma route est complet et de toutes manières j'ai envie de démonter la mâchoire du réceptionniste tant il est aimable. La Norvège souffrirait t'elle du même syndrôme que la Suède ?Le second sera le bon. On me propose une cabin, maisonnette préfabriquée avec un lit, un lavabo, un frigo, un four et une cafetière. Les douches et toilettes sont en commun. J'ai l'habitude donc pas de problème.Par contre, 50 Euros pour ça, c'est déjà moins courant. Et cadeau de la maison : l'eau chaude des douches est payante ! Dix couronnes (environ 1,5 Euros) pour 10 minutes !Je pressens qu'il ne va pas falloir s'éterniser en Norvège...