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Parce que les transatlantiques...

Jours 42-43 : routes tchèques et slovaques
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

13-09-2002 : 350 km / 11533 km

 

14-09-2002 : 315 km / 11848 km

 

J'aurais bien prolongé mon séjour à Pragues mais le temps et les finances m'obligent à avancer à présent. Je suis sur ma dernière partie de ce voyage et encore quelques centaines de kilomètres vers l'Est, puis je prendrai la direction du retour. Après la capitale, je m'attaque donc aux campagnes tchèque et slovaque. Première constatation : il convient d'être très vigilant sur la route. Les conducteurs sont de véritables furieux et les routes sont assez bancales par endroit.Ici, jamais l'adage "ça passe ou ça casse" n'a été aussi vrai. Quand un tchèque ou un slovaque a décidé de dépasser, qu'importe s'il vient un autre véhicule en face... Il y va ! Pour les motards, souvenez vous lors du passage du permis, pour la conduite, lorsque l'inspecteur disait "je veux que vous exploitiez les capacités de la moto"... Et bien, je peux affirmer que je les ai exploitées !Pour les non-motards : une moto a une puissance d'accélération et de freinage autrement plus importante que celle d'une voiture. Quand à la maniabilité, vous imaginez la différence. Cela signifie que dans certaines situations "chaudes", la possibilité de mettre du gaz pour avoir une reprise conséquente, ainsi que de pouvoir passer de 100 à 20 km/h en un clin d'oeil sont des atouts non négligeables.Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu débarquer sur ma voie une voiture roulant à contre-sens pour passer un camion. Evitement sur la droite, freinage appuyé et enfin gros gaz pour s'extraire de la chicane composée de cette voiture, du camion et du véhicule qui est derrière moi. Pour peu qu'il y ait une once de traffic, pas question de regarder le paysage. Il faut rester vigilant, garder un œil sur les entrées de courbes et avoir deux doigts prêts à massacrer le frein avant.Cette conduite "trash" de la part des conducteurs est un état de fait. Incroyable de voir lors d'un dépassement sauvage que la voiture qui est surprise sur sa voie par le dépasseur, se mettre d'office sur la bande d'arrêt d'urgence sans protester, sans un coup de klaxon ou d'appels de phares. Ici, on respecte celui qui va plus vite que les autres !

paysage 

Il faut ajouter à cela des routes qui sont parfois assez bosselées. J'en suis même arrivé à rouler "en danseuse", c'est à dire en me levant sur les repose-pieds et me servant de mes genoux comme amortisseurs secondaires. Esthétique Paris-Dakar sur une SVS, décidemment j'aurai tout fait sur cette moto !Ces deux jours de routes ont été donc sous forme de conduite paisible et prudente. Un peu lassant à la longue car il n'y pas grand chose à voir niveau paysages. C'est assez plat et même les parties montagneuses (Slovaquie) sont assez standards. Je me rends compte qu'après tant de pays et de kilomètres je deviens vite blasé...

beton 

En revanche, ce qui est étonnant, ce sont les petites villes. On voit clairement les restes du communisme. Autour du centre historique, souvent une place avec église et quelques maisons anciennes, ont été construites à profusion des barres d'immeubles.L'on passe donc d'une campagne radicalement plate et bucolique à des cités HLM qui semblent, on ne sait trop comment, sorties de terre. Contrairement à nos banlieues françaises, le sentiment oppressant d'insécurité n'est pas présent. Plusieurs fois, souvent le soir, je me suis retrouvé à rouler au milieu de ces tas de béton sans jamais craindre quoique ce soit. Les gens vivent ici très tranquillement et on ne voit pas des bandes de jeunes en train de glander sur les escaliers. Bien au contraire, c'est très vivant. D'aucun promène son chien, tandis que d'autres papotent, draguent, s'embrassent ou simplement se baladent. J'ai souvent croisé des regards curieux, parfois des exclamations enjouées "Suzuki !" mais pas de défiance ou de menace. Nos "z-y va" français feraient bien de venir un tour ici pour apprendre la "civilité" !En revanche, si l'agression n'est pas de mise, le vol est un acte apparemment courant. Je pensais que la réceptionniste de l'auberge de Prague m'avait fait une dramatisation pour me convaincre de prendre une chambre avec garage chez elle, mais arrivé à Zilina (Slovaquie) ça a été la même chose. La réceptionniste de l'hôtel me dit que le parking est à ciel ouvert sans surveillance et qu'il ne faut pas que j'y laisse ma moto. D'une gentillesse incroyable, elle ira jusqu'à demander au frère de la directrice de l'hôtel si je peux laisser ma machine dans son garage privé. Celui-ci, tout aussi aimable, accepte et refuse que je le paye.Pour aller chez lui, je suis accompagné d'une jeune fille de 18 ans qui parle un français parfait. Il y a à Zilina, troisième ville de Slovaquie, un lycée Belge ! D'abord timide, cette jeune fille (dont j'ai oublié le prénom) murmure quelques phrases, puis je la force un peu à converser avec moi et elle se lâche ! L'accent est très léger, les mots coulent tout seul et j'ai même droit à quelques expressions bien françaises. Elle ne sait pas encore trop ce qu'elle va faire après le lycée. Elle voudrait se lancer dans le journalisme, passionnée par la littérature (Camus est son auteur préféré) et l'écriture mais reste indécise sur les choix de langue. D'un côté le Slovaque, de l'autre le français... Elle pourrait aussi devenir traductrice mais ne sait pas si le métier lui plaira vraiment. Au moment de la quitter, je l'assome de compliment sur sa maîtrise du français et l'encourage à poursuivre dans cette voie. Je retourne à l'hôtel en laissant une jeune fille toute rouge !

fille1  fille2 

Soirée fort sympathique à l'hôtel avec trois demoiselles charmantes : Sylvia la réceptionniste, Natalia sa cousine et Mirka une amie. C'est samedi soir, il y a une boite en bas et je vois défiler les teenagers fin bourrés. Quant à nous, nous discutons quelques heures de tout et de rien en écoutant de la musique sur mon PC portable. Mirka, qui ne parle pas un mot d'anglais, est fascinée par l'ordinateur et passe son temps à zapper d'un MP3 à l'autre. Natalia n'a que 16 ans et ne parle pas très bien anglais. Avec Sylvia le contact est plus facile. A propos des filles... Je comprends à présent pourquoi Adriana Karembeu est slovaque. Si vous cherchez les plus belles filles du monde, c'est ici que vous les trouverez. Les suédoises sont bien pâles en comparaison !Sur le trajet j'ai croisé un magasin de moto où j'ai pu faire une vidange. Il était temps, j'ai déjà dépassé de 1500 km la date de péremption de l'huile. Très beau magasin où on l'on trouve tout ce qu'il faut. Pas de moto neuve, mais beaucoup d'occasions et généralement des belles : Ducati 996, VFR 800, Hayabuza 1300, Fazer 600, etc. Je n'ai pas vu énormément de motards sur la route, mais ceux que j'ai salués ne roulaient effectivement pas en MZ ! Niveau voiture, on trouve encore pas mal de Skoda branlantes qui atteignent péniblement les 80 km/h. Le reste est du même style que la France.Si, comme moi, vous aviez une image triste des pays de l'Est, il va falloir réviser vos à priori. Certes ça n'est pas une opulence démesurée mais tout n'est pas gris, les gens ne sont pas tous en bleu de travail, marchant tête baissée vers des usines qui crachent de la fumée. L'on ressent encore le passage du communisme dans la disposition des villes que j'ai décrite, mais mis à part cela c'est tout à fait la campagne française. Le reste de la vie quotidienne est presque aux standards occidentaux. Les sanitaires peuvent avoir une apparence un peu vieillote, certains endroits semblent s'être arrêtés aux années 70, mais tout est fonctionnel et propre.J'ai le sentiment que les gens font très attention à leurs tenues vestimentaires. C'est peut-être aussi cela qui rend les filles si jolies d'ailleurs. Les modes sont multiples et loin d'être uniformes. Il est rare de tomber sur quelqu'un en basique jean/baskets/t-shirt. L'on n'hésite pas, au contraire, à exposer une certaine extravagance, généralement de bon goût.Je me sens bien dans ces pays. Il y règne une forte identité culturelle qui ne s'est pas encore transformée en folklore et qui n'a pas encore été absorbée ou dénaturée par l'envahissement occidental. Les gens sont gentils, sourient spontanément et ne refusent pas un brin de conversation à l'improviste. Si la majeure partie de la population n'est pas anglophone, la tranche d'âges 16-30 ans se débrouille sans problème. Et puis avec le langage des mains, un mélange de français, italien et anglais il y a toujours moyen d'échanger un petit quelque chose !Je pense que je reviendrai assez vite. Surtout que Prague n'est qu'à un petit millier de kilomètre de Paris. Un départ le vendredi en fin d'après-midi et j'arrive en milieu de journée le lendemain. Voilà de quoi se faire une superbe semaine de vacances dans l'une des plus belles villes du monde !