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Parce que les transatlantiques...

Jours 44-45 : Budapest
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

15-09-2002 : 0 km / 11848 km

  

16-09-2002 : 0 km / 11848 km 

moi 

Quelques difficultés à la frontière slovaquo-hongroise. Mon passeport a de l'âge et n'est pas en parfait état. Il n'en faut pas moins pour que les douaniers hongrois mettent en doute ma nationalité et mon nom. Je crois même qu'ils sont allés jusqu'à appeler en France pour vérifier que j'existe bien officiellement ! Tout cela m'importe peu : ça me donne l'occasion de faire une pause et de me faire prendre en photo. J'ai réalisé qu'au milieu des 1300 clichés effectués depuis le début de ce voyage, il n'y en a quasiment aucun de moi. Alors je profite d'un monsieur Polonais qui poireaute aussi pour me faire tirer le portrait. Les routes et conducteurs hongrois sont identiques à ceux de la Slovaquie et je retrouve avec bonheur l'autoroute où les voies sont à sens unique. La ville s'annonce assez mal : d'énormes artères au traffic dense, des immeubles gris partout et pratiquement personne dans les rues. En fait, l'auberge de jeunesse se trouve dans la banlieue. Une fois installé, je constate que le métro est 200 mètres plus loin, et je ne suis qu'à quatre stations du cœur historique. Les cartes postales en vente dans l'auberge me rassurent : ici aussi cela respire l'ancien préservé et la vie citadine comme je l'aime.Nous sommes samedi soir, mais je suis une fois de plus trop crevé pour sortir. Je me suis couché à deux heures du matin la nuit dernière à force d'être en si bonne compagnie à Zilina ! Et puis, la réceptionniste est tout aussi charmante que mes comparses de la veille. 

amasha 

Elle s'appelle Emesa (à prononcer "amacha"), hongroise (heureusement), et a passé trois ans aux USA, d'où son anglais impeccable. Elle m'explique que la vie est dure en Hongrie. Le minimum vital pour avoir un travail intéressant est de savoir parler anglais et avoir fait des études dans l'informatique. D'après elle, la plupart des filles préfèrent se livrer à de la prostitution conjugale plutôt que de faire des études. Très fière de sa débrouillardise, de son statut de femme indépendante, elle ne mâche pas ses mots et va jusqu'à me mettre en garde de celles qui pourraient me faire de l'oeil dans la rue. Ce ne serait donc pas mon charme de motard-aventurier-mal-rasé qui agirait ? Quelle déception... De toutes manières, mises à part deux gamines de douze ans d'un groupe scolaire, aucune fille n'est venue m'adresser la parole, snif.

champi  danube  eglise 

Sans avoir le charme insolent de Prague, Budapest n'en reste pas moins une ville très agréable. Petite et très accessible par les transports en commun (trois lignes de métro tout de même !), je passe ma première journée à en faire le tour à pied. Le centre de la vieille ville est atrocement touristique et je garde les yeux en l'air pour profiter un peu des anciens immeubles. Ensuite, ce sont de longues balades du côté du chateau (pas visité, file d'attente... monumentale), où les petites rues en pentes invitent à la flânerie rêveuse. Prague avait encore un côté trop "musée". Ici, je me sens plus dans mon élément. Il faut dire que par endroits je me croyais vraiment à Paris : ils ont les même horodateurs que nous ! Et le long du Danube, qui, comme la Seine, coupe aussi la ville en deux, il y a des voies sur berges où les voitures bourrinent, et au dessus des gens se promènent, font leur jogging, du roller, etc.Indispensable pauses dans des troquets pour m'empiffrer de pâtisseries, au point de ne pas avoir besoin de dîner le soir.Mention spéciale pour les parcs de Budapest, véritables hâvres de paix. A l'instar des pays de l'Est que j'ai traversés, l'on respire dans l'air une forme de sensualité et d'art de vivre introuvable ailleurs. Après avoir vu Prague, la Slovaquie puis Budapest, je crois que je tombe tout doucement amoureux des pays de l'Est...  

immeuble  palais  surlepont

J'ai rencontré pas mal de monde à l'auberge. Notamment deux français qui sont venus en Hongrie en voiture, presque sur un coup de tête. Tous deux étudiants à Mulhouse (en droit et aux beaux-arts) ils profitent de leur dernière semaine avant la reprise des cours pour s'offrir une virée lointaine. Partis la veille vers 20h, ils sont arrivés aujourd'hui en fin de matinée. Itinéraire efficace : autoroutes françaises, allemandes, autrichiennes et hongroises en se relayant. Je suis admiratif. C'est eux qui m'ont faire prendre conscience des distances accessibles qui séparent la France des pays de l'Est.

tunde 

J'ai aussi rencontré Tundè. Qui parle un français parfait, teinté d'un accent charmant au possible. Hongroise, elle a passé 8 mois en France pour ses études (sur l'Europe) et pour un petit boulot de réceptionniste. Elle n'a pas du tout le même avis qu'Emese sur les filles en hongrie et je pressens une explication virulente entre les deux demoiselles. Elle me raconte son pays avec une certaine fierté. Elle m'explique pourquoi les cités provinciales sont si agréables : chez nous, en France, ce sont les pauvres qui y vivent, et en Hongrie c'est tout le monde ! Un des rares effets positifs du communisme. Même si elle ne l'a connu qu'enfant, les souvenirs qui lui y en restent sont effarants : un seul type de savon ou de shampoing, pas de téléphone, un seul visa étranger par famille... Et encore, la Hongrie n'était pas le plus déshérité des pays du bloc ! L'Allemagne de l'Est, d'après elle, était bien pire. La Hongrie est un pays qui bouge très vite et les dernières années ont amené beaucoup de bouleversements sur tous les plans. Ce qui expliquerait la vision faussée d'Emese, que Tundè rejette avec force.Petit message personnel : Tundè, laisse moi une adresse e-mail la prochaine fois que tu envoies un message par le site, que je puisse au moins te répondre !