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Parce que les transatlantiques...

Jour 48 : Venise
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)
monsieur  reflet 

Après une petite demi-heure de route, me voilà enfin arrivé à Venise. J'ai laissé la moto sur le grand parking de béton à l'entrée de la ville, déposé mon casque et mon blouson dans un dépôt, et tranquillement j'entame mes retrouvailles.J'écris dans un petit café éloigné des places touristiques. Comme je m'y attendais, je n'ai pas ressenti cette émotion violente qui m'avait envahi l'année dernière. Mais déjà, les prémices de la dolce vita sont présents. Face à moi un vieux monsieur lit il gazettino, les reflets d'un canal  brillent sur la voûte d'une arche, le soleil éclaire doucement un vénérable mur de pierres et je déguste un espresso stretto comme je les aime. Ca ne sera pas, je pense, une journée touristique. Plus que n'importe où ailleurs, la flânerie est de mise en ces lieux et pour rien au monde je ne laisserai traîner un fil d'Arianne dans ce labyrinthe. Comme l'année dernière, j'ignorerai les shorts immondes, les vulgaires appareils photo en bandoulière, les exclamations idiotes et tout le reste. Venezia et moi avons des choses à nous dire... en privé.Un sauvageon célèbre l'a dit avant moi, il est des moments où "le pyschopathe qui someille en moi se réveille". Pour peu que l'on n'y fasse pas attention, on tombe trop vite dans les spots à touristes et c'est l'enfer ! Difficile d'en ressortir si l'on ne connait pas parfaitement la ville. L'on a tôt fait de tourner en rond avant de trouver la petite ruelle qui mène vers des quartiers plus paisibles.Une fois atteint, enfin l'on profite de cette incroyable cité. Certes, tout semble plus ou moins délabré, et avec la chaleur il remonte des odeurs douteuses des canaux qui cisaillent la ville. Mais impossible de ne pas tomber sous le charme. Il reste une vie vénitienne, entre vieilles dames qui s'engueulent sur une piazza, vêtements qui sèchent aux fenêtres et ouvriers qui sirotent un café...

banc  fer  pont place  puit  poubelle

Je suis définitivement trop fatigué pour profiter pleinement de Venise. J'ai de nouveau des accès de fièvres, des coups de barres et la balade, même si elle reste plaisante, n'est pas aussi envoûtante que je l'espérais. C'est une leçon à retenir pour mes futurs périples : . trop de route tue le voyage. Ce que je pressentais se confirme : il est temps de conclure. Je rentre à Paris.