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Parce que les transatlantiques...

Jour 6 : le festival
Voyages - 2002 - Tour d'Europe (Suzuki SVS 650)

8 août 2002

Comme dans tout festival, il y avait la partie "off". Certains artistes sont accrédités et peuvent faire leurs shows à des endroits précis, stratégiquement situés. Discrets mais présents, des "vigiles" surveillent qu'aucun resquilleur ne vienne prendre une place officielle. Mais en dehors de ces emplacements, la rue est libre à tous et c'est un joyeux désordre qui règne. L'on croise notamment tous les cinq mètres des distributeurs de tracts qui font la promotion de tel ou tel spectacle qui a lieu dans un pub ou en salle le soir même. Parfois, ce sont les artistes eux-même, après avoir "chauffé" les gens dans la rue, qui offrent des flyers (tracts) aux passants, à grand renforts de slogans lancés à la criée. J'avoue ne pas être allé à un seul de ces spectacles du soir. J'étais généralement trop fatigué pour ressortir et l'idée de voir une "stand up comedy" en anglais, truffée de jeux de mots, sans rien y comprendre me faisait un peu peur. 

    

Si l'ambiance est fabuleuse, on y trouve le meilleur comme le pire, que ce soit visuellement ou musicalement. Cela va du plus traditionnel, au plus novateur en passant par ce qu'il y a de plus standard en matière de spectacle de rue. La ville vit au rythme du festival avec ses échoppes pour touristes, ses vendeurs de bibelots, des tatoueurs... Evidemment, le soir ça ne s'arrête pas et, même s'il n'y a plus de spectacles dans les rues, les gens continuent de déambuler ou bien vont au pub, dans les cabarets locaux, etc. 

Le joueur de Didgereedoo 

Etant donné l'endroit où il s'est installé, à même le sol sur les marches d'une porte d'église (et non pas le parvis), il doit être "off-festival". Il joue une longue litanie qui intéresse assez peu de monde... du moins au début. Petit à petit, des gens s'arrêtent et l'écoutent. Je me demande s'ils le regardent pour ce qu'il joue ou pour l'expression d'épuisement qui creuse son visage lorsqu'il s'époumone dans son instrument. Quand il s'arrête, il s'essuie le front avec un sourire qui semble dire "je n'en peux plus, désolé". Deux heures plus tard, je le retrouverai en spectateur, riant aux éclats d'un jongleur de couteaux farceur. C'est le lendemain que je le vois en pleine gloire, une belle foule agglutinée tout autour de lui, battant des mains et des pieds pour l'accompagner. Transcendé par les encouragements il se donne jusqu'à l'épuisement !

Le vieux monsieur au saxo

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Personne ne l'écoute ! Personne ne le voit ! Pourtant il est touchant avec sa casquette, ses lunettes d'une autre époque et sa façon hachée de jouer du saxophone. Contrairement aux autres artistes que j'ai tous retrouvé le lendemain, lui je ne le reverrai plus. 

Le lutins aux longues oreilles

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Je n'ai pas discuté avec lui mais je sais qu'il est Argentin. Son numéro est un véritable poème. Totalement silencieux puisqu'il est mîme, il invite les gens à danser avec lui et joue d'une palette d'expressions sur son visage qui est sidérante. Il commence discrètement par quelques acrobaties, puis avec ses jouets il attire les enfants, et enfin avec ses mimiques : les parents !

Martin et Matthias

 

Ce sont deux étudiants français, partis de Toulouse sur un coup de tête. Martin (le chevelu/barbu) est en sociologie mais avoue ne pas aller souvent en cours. Matthias vient de passer son bac et s'apprête à tenter science-po. Sans trop d'illusions sur le concours, il m'annonce une année de prépa qu'il ne compte pas suivre avec une grande assiduité ! Ils sont partis avec un peu d'argent et, au moment où je les ai rencontrés, sont déjà sans le sous et résignés à retourner en France. Le coût de la vie en Grande-Bretagne a porté un coup fatal à leur budget. Pourtant, ils ne sont pas exigeants : déplacement à pied, en stop et bus... Et ils dorment dehors ! Ils me racontent leur dernière nuit qui s'est finie sur le parvis d'une église, raides bourrés avec, je cite, un "anglais marrant". Martin est un habitué de ce genre de voyage, il veut finir l'été dans un "Rainbow" en Italie, communauté itinérante qui se pose à un endroit donné pour un mois environ. Les gens vont et viennent, chacun apportant ce qu'il peut pour le fonctionnement du groupe. J'ignorais que ce genre de trip néo-bab' existait encore ! 

Les deux jeunes violonistes

Deux adolescentes à la sortie du chateau d'Edinburgh. Elles ont dû choisir cet endroit pour l'affluence de touristes, source de nombreux pounds et pennies. Mais en réalité, beaucoup de gens passent sans les voir et prennent encore moins le temps de les écouter. Pourant, elles jouent plutôt bien. Durant cinq bonnes minutes je suis leur seul auditeur, et comme des vraies pros elles essayent de ne pas me regarder. J'en surprends une, de temps à autre, qui jette un coup d'oeil rapide pour voir si je suis toujours là avec mon micro et mon appareil photo. Peut-être que c'est pour moi qu'elles jouent sans discontinuer, enchaînant morceau après morceau. Je finirai tout de même par partir, non sans leur avoir laisser une pièce et lancé un "thank you" avec mon accent le plus français. 

Patricia et les blues-men

patricia

Cette jolie jeune fille et moi-même nous sommes croisés pendant que j'enregistrais ce groupe. Comme vous vous en doutez, je ne l'ai abordée que pour remplir ce site ! Elle est espagnole, 25 ans, et finit des études d'interprétariat et de traduction. Elle travaille en allemand et anglais et c'est la première fois qu'elle vient au festival d'Edinburgh. C'est un ami de Manchester qui lui a dit de venir et elle ne regrette pas. Elle est même devenue "a part of the festival" en dansant le flamenco, accompagnée par les jazz-men. Pendant que nous discutons, la clarinette fait tourner les têtes et le chanteur fait s'arrêter les gens... 

Les violonistes fous

 

Un grand moment de bonheur ! Deux types complètements farfelus qui interprètent des morceaux classiques à leur façon. A chaque morceau ils associent une chorégraphie ou un sketch. Les gens adorent et applaudissent à tout rompre. Les enfants sont aussi sous le charme comme vous pouvez le voir sur la photo. Peu après leur spectacle, j'ai discuté avec l'un d'eux. Il s'appelle Adrian Garatt, il joue dans la rue mais aussi pour des mariages, des anniversaires et des fêtes. Ce qu'il préfère reste la rue, "quand ça se passe bien". D'ailleurs, c'est leur terrain d'expérimentation favori. Il est musicien professionel et joue aussi parfois dans des formations classiques (orchestres) sans en être un membre permanent. Il a d'abord étudié les sciences économiques à Londres mais a préféré cette vie de semi-bohême avec son violon : "just enjoying playing". Je lui parle du Quatuor, groupe assez connu en France qui fait la même chose qu'eux : des sketchs basés sur de la musique classique. Il aime beaucoup de qu'ils font et s'inspire d'eux à partir d'une vidéo qu'il a récupéré.

The mighty Garett

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Lui c'est l'artiste de rue dans toute sa splendeur. A la fois jongleur, cracheur de feu, bonimenteur, humoriste, je l'ai vu capter l'attention des gens pendant plus de dix minutes sans rien faire, si ce n'est annoncer ses prochains exploits ! Il prend une "victime" dans la foule, et de là il part en vrille en jouant avec elle. Sur la photo, c'est un pauvre monsieur Belge qui se demande ce qui va lui arriver... J'ai un peu discuté avec Garett et j'ai appris qu'il est Islandais et qu'il fait ce métier depuis 15 ans dans le monde entier. Apparemment, il est une sorte de "pilier" du festival, ce qui explique pourquoi je l'ai vu à chaque fois aux emplacements les plus fréquentés sur High Street, rue principale pour les spectacles. Il m'explique que ça méthode pour attirer le public tient dans son sourire. D'ailleurs pour la photo il m'en décoche un du plus bel effet. 

Les barbares

      

Mon moment le plus fort, le plus intense. Ca peut paraître idiot, mais j'ai été littéralement secoué par leur musique. Il s'agit d'une formation basée sur une cornemuse et quatre tambours. Comme vous pouvez le voir sur les photos, leur apparence à de quoi faire peur... D'ailleurs, voyant qu'ils vendaient des CDs de leur musique, j'ai préféré pour ma propre sécurité, cacher mon micro ! Ils jouent avec une force et une puissance qui vous donnent des frissons, j'en avais les larmes aux yeux. Mon papa que j'ai eu au téléphone peu après pense que mes lointaines origines celtes y sont pour quelque chose ! Je n'étais pas le seul à apprécier. Je les ai croisé trois fois en deux jours et c'était à chaque fois une foule compacte qui venait les écouter, les applaudir et danser avec eux. Le moins qu'on puisse dire est qu'ils se donnent à fond. Je les ai vu finir à chaque fois sur les rotules, trempés de sueur mais avec un sourire de béatitude qui ne faisait que renforcer leur côté "rugueux".

No comment et totalement en vrac


folk

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