Parce que les transatlantiques...
| En piste ! |
| Voyages - 2007 - Paris, Turquie, ailleurs (Honda CBR 600F) | |||
![]() 27/08/2007Ca y est ! Je suis vraiment parti pour mon paris-turquie-ailleurs ! Les prochaines journées me sont inconnues et je sais seulement où je dois être à deux moments de ce (petit) périple : Ancona, et la Turquie. En quittant Fréjus et mes amis, je ne ressens pas encore le frisson du voyage. Je me concentre ma route, ma moto et mon corps. Il fait chaud, je m'échappe par l'autoroute pour éviter les bouchons de la côte. La CBR répond bien et tout s'annonce pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourvu que ça dure... Après l'autoroute, j'entre dans le dédales des lacets qui mènent à l'Italie. Rien de bien passionnant, jusqu'à la frontière où, enfin, je constate que cette fois je suis bel et bien parti. Si la journée a été relativement calme, la soirée s'est révélée nettement plus mouvementée. Je choisis Alessandria comme point de chute parce que la ville n'est pas loin et parce qu'elle comprend une auberge de jeunesse. C'est le retour à mes vieilles amours : les petits prix pour de grands dortoirs, mais aussi de l'ambiance et des rencontres au bout de la route. Pour cette première de mon Paris-Turquie-Ailleurs, je suis bien loti : l'auberge a été aménagée dans un ancien couvent. L'endroit est majustueux, et c'est assis sur un banc du péristyle que j'écris en ce moment même. Les moustiques en profitent pour dîner à mes frais. Ma chambre doit faire dans les 4 mètres de hauteur de plafond et tient un style faussement monacal monacal. Elle contient 5 lits mais nous ne sommes que deux à y loger. Mon co-locataire m'est totalement inconnu : pas là quand je suis arrivé, déjà couché quand je suis revenu de dîner. Il faut dire que ce retour a été épique ! Quand je m'enregistre, le réceptionniste me laisse deux clefs et m'explique que l'une d'elle est destiné au portail : je peux aller et venir à tout heure. C'est donc le coeur léger et l'estomac vide que je m'offre une petite balade dans Alessandria sur le coup des 21 heures. Je retrouve très vite le charme des cités italiennes. A l'ancienne, sans être des musées, avec des gens qui profitent de la chaleur nocturne pour discuter sur telle ou telle piazza, une glace ou une boisson à la main. Comment ne pas se sentir à l'aise dans une telle ambiance ? La faim faisant son office, je jette mon dévolu sur une petite pizzeria où j'offre une "quattri fromaggi" tout en essayant désespérément de trouver un itinéraire potable pour demain. C'est un moment très agréable. Personne ne fait attention à moi, et je me contente de "goûter" l'atmosphère. Un peu plus tard, métier oblige, je règle quelques affaires dans un café Internet. Et surtout, j'en profite pour imprimer le bon d'échange qui me permettra de partir pour la Turquie, dès samedi prochain. Je me décide alors à rentrer à l'auberge, et c'est face à la porte que les choses se compliquent : impossible de l'ouvrir. La clef tourne, mais il semble que quelque chose bloque la serrure. Je passe cinq bonne minutes à triturer le mécanisme, à pousse, à tirer en ahanant divers jurons. Force est de constater que je suis totalement bloqué à l'extérieur. Je parcours les rues alentours en espérant avoir mal compris les explications du réceptionniste. Peut-être y a t'il une autre entrée plus adaptée à l'heure tardive et à ma clef. Mais à part quelque tentatives désespérées et un chien ne goûtant pas ma présence étrangère, je fais choux-blanc et suis condamné à jurer un peu plus fort devant cette $^ù*! de $^***!! de porte. J'en suis quasiment résolu à dormir par terre quand arrive un couple. Ils sont aussi locataire de l'auberge, et donc tout aussi bloqués que moi. Mais la situation leur est déjà connue. Je fais donc la connaissance de Michelle et Paulo par les virils coups de pied que ce dernier assène à la porte qui plie, mais ne cède pas. Devant le boucan que nous faisons, un badaud nous déclare délinquants et après nous avoir hellé, il finit par appeler la police. Le temps que cette dernière arrive j'ai le temps d'apprendre que Michelle est française, qu'elle vie en Italie depuis 20 ans et qu'elle n'est pas à l'auberge en tant que touriste. Son compagnon, Paulo, et elle-même, n'ont plus de maison. C'est la mairie qui leur paye une chambre jusqu'à fin août. Au milieu de ces confidences, ils me font appeler les pompiers avec l'espoir de les voir ouvrir la porte maudite. A coups de haches ? Mais voilà qu'arrive la maréchaussée italienne sous la forme d'une voiture et deux gaillards en uniforme. La situation est vite éclaircie, et je ne me lasse pas de voir alors l'un des policiers tenter à son tour de défoncer la porte à coup de pieds. Pendant ce temps, l'autre me fiche avec rigueur et précision : nom, prénom, adresse, date de naissance, etc. Quelques minutes plus tard, et une porte toujours close, arrive alors le camion de pompiers. Nous avons droit au gros modèle qui délivre sa cargaison d'hommes du feu : au moins 6. En Italie on aime à faire les choses bien. Je suis déjà assis pour assister au concours de coups de pieds dans la porte quand soudain celle-ci s'ouvre. Enfin ! Un résident a fini par entendre nos violentes suppliques et s'est décidé à descendre. Je ne verrai donc pas nos amis pompiers à l'oeuvre et c'est après quelques remerciements que tout le monde s'en ira vaquer à ses occupations. La mienne sera d'écrire ce blabla avant d'aller taquiner Morphée.Le lendemain, je croise Michelle devant la machine à café. Elle s'en fait offrir un et m'explique qu'elle et Paulo ont été expropriés. Sans le dire, elle m'explique que le logement était insalubre. L'expropriation leur a rapporté quelques sous, qu'ils ont dépensé dans deux voyages en Inde. Revenus en Italie, ils vivotent tant bien que mal. Paulo était photographe (mais pourquoi "était" ?) et Michelle travaille dans un atelier de couture. Un peu plus tard, au moment de mon départ, après une photo souvenir laissée aux bons soins de Paulo, Michelle me quémandera deux ou trois Euros.
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