Parce que les transatlantiques...
| Back on the road ! |
| Voyages - 2007 - Paris, Turquie, ailleurs (Honda CBR 600F) | |||
11/09/2007Qu'il est difficile de repartir ! Après trois jours de farniente avec les amis, remonter en selle pour affronter route et solitude, voilà de quoi repousser longuement l'heure du départ. Je dois prendre la direction de la Cappadoce, à environ 600 kilomètres de là. Je laisse traîner la journée... Comment renoncer à ce petit-déjeuner concocté par Vanessa ? Comment oublier les fou-rire, suites à certaines expressions françaises (très) argotiques apprises et employées par Arzu ? Et ces moments de repos total au bord de la piscine ? Mais non... Je continue de ressentir cette bougeotte. Et puis, je n'ai pas trop le choix : quand Vanessa et Olivier mettront quelques heures pour revenir à Paris, je dois compter sur plusieurs jours de route. De plus, mes vélléités d'improvisation se trouvent réduites. J'avais envisagé de rajouter une semaine à mes vacances. Il semble que cela me soit déconseillé et que je doive tenir mon délai initial. D'une certaine façon, les circonstances s'accordent dans le bon sens : il n'y a plus de bateaux pour faire la liaison Sinop-Yalta. Les seules lignes trouvées vont d'Istanbul à Odessa. Intérêt très moyen pour mon itinéraire. Je renonce donc à l'Ukraine et passerai par la Bulgarie. Les prochaines journées sont donc ainsi définies : Antalya-Cappadoce-Istanbul-Bulgarie-Roumanie. Je ne m'arrêterai pas à Istanbul : c'est une mégapole et j'ai beaucoup trop de difficultés à gérer la conduite dans villes turques. Il est 15h00 largement dépassé lorsque je suis de nouveau en selle. Après photos et embrassades, je laisse Vanessa, Olivier, Khoran et Arzu qui m'ont offert le bonheur de leur présence. Je retourne affronter le bitume, avec une pointe d'excitation dans le coeur : back on the road ! La sortie d'Antalya se fait plus simplement que je ne le craignais. La saison touristique est bien avancée, presque terminée, et les grandes avenues qui sillonnent la ville permettent dorénavant un traffic fluide. En revanche, je perds beaucoup de temps à atteindre le point de jonction de Manavgat : beaucoup de monde, et surtout beaucoup de feux rouges. Au loin, j'aperçois les montagnes et je m'impatiente de pouvoir enfin les traverser. Enfin atteintes, je ne suis pas encore tout à fait dans mon élément. Ma tête est encore dans les moments d'amitié de ces derniers jours. Le paysage défile, je sens mon corps qui travaille pour reprendre l'habitude de la CBR. Voyager à moto, surtout sur une sportive, nécessite un peu d'abnégation face aux contraintes imposées aux membres. Mes épaules et mon cou se durcissent, mon dos se raidit, mes muscles fessiers encaissent, mes bras filtrent et m'informent de l'état de la route. Si, au bout de pas mal de kilomètres, les douleurs guident vers la pause, toutes ces sensations ne me sont pas forcément désagréables. Je me sens vivant, à la fois concentré sur moi-même et totalement ouvert sur ce qui m'entoure. Pour le moment, j'efface progressivement le doux confort de l'hôtel. Enfin, avec la lumières de la fin d'après-midi, je vibre à nouveau devant les paysages que m'offrent la Turquie. Etant parti assez tard, je m'arrête après un peu plus de 300 kilomètres, dans la ville de Konya. Une fois de plus, je vis l'enfer des cités turques. Et cette fois, en prime, je ne trouve ni pension ni hôtel ! Je tourne en rond, au milieu des voitures qui déboulent de tous les côtés. Certaines me frôlent vraiment de très près. L'air est incroyablement pollué, tout est moche... J'ai un sérieux coup de cafard à un feu rouge. Puis je continue de rouler jusqu'à trouver enfin un hôtel. Il est plutôt minable. Je suis logé dans une chambre minuscule avec douche et lavabo. Les toilettes sont sur le palier : à la turque. J'ai encore plus le cafard. Heureusement, sur la grande place centrale (un immense rond point), il y a une sorte d'oasis où je mange un sandwich accompagné de thé. Je me lèverai tôt demain pour changer quelques euros et m'enfuir au plus vite vers mes montagnes chéries.
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