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Parce que les transatlantiques...

Passage en Cappadoce, puis le plaisir de rouler...
Voyages - 2007 - Paris, Turquie, ailleurs (Honda CBR 600F)

12/09/2007

10 minutes après m'être couché, je me suis relevé pour demander à changer de chambre. Une odeur de moisie, doublée d'une humidité qui se porte jusqu'aux oreillers... Non, ça n'est définitivement pas possible. Ma nouvelle chambre est à peine correcte, mais au moins je m'endormirai sans martyriser mon odorat. Aujourd'hui, c'est avec une certaine motivation, voire une motivation certaine, que je tiens à quitter Konya. Je fais un détour par la banque pour changer quelques Euros et acheter un semblant de petit-déjeuner. Bizarrement, je ne veux pas essayer celui proposé par l'hôtel. 

Je pars à la découverte de la Cappadoce. La route pour m'y rendre est une ligne droite d'environ 200 kilomètres. Je l'avale d'un trait et arrive assez tôt dans cette célèbre région. Je n'avais pas porté attention à une chose sur mes cartes : la Cappadoce, c'est minuscule ! Vanessa m'a donné un plan, qui fait office de mini-guide, sans indications kilométriques. Les panneaux me font réaliser le peu à parcourir d'un site à l'autre : pas plus de 20 kilomètres J'ai donc très vite fait le tour des lieux. L'endroit en lui-même est fascinant. Lorsque je travaillais dans le jeu vidéo, nous avions une expression dans le métier pour désigner les moments où l'on cherche à impressionner le joueur : le "wow effect". La Cappadoce propose une multitudes de "wow effects". Des paysages simplement magnifiques, à ceux complètementinsolites, en passant par les habitations troglodytes, il y a matière à s'exclamer souvent. Je me balade entre les villages de Ürgüp, Göreme et Avanos. La saison touristique n'est pas finie, il y a encore pas mal de monde. Je n'ose imaginer ce que cela peut donner quand le pic de fréquentation est à son maximum. C'est d'ailleurs pour cela que je renonce à des  visites. De plus, le moindre paysage est payant ! Il faut s'acquitter d'un droit d'entrée pour accéder à certaines zones panoramiques.

Est-ce la nuit dernière ? Les quelques jours stables à Antalya ? J'ai très envie d'avancer, j'ai besoin de changement. J'hésitais à passer la nuit en Cappadoce. Je prends finalement la décision de reprendre la route vers Ankara. Le lendemain, je devrais être en Bulgarie. A cette envie s'ajoute des contraintes plus prosaïque : le temps et l'argent. Je dois être rentré avant le 23 septembre et nous sommes déjà le 12. A vol d'oiseau, sans passer par le chemin des écoliers, je suis tout de même à 3000 kilomètres de Paris. Bref, au sortir d'Avanos, j'avise le panneau qui m'indique Kirsehir-Krikkale-Ankara, et j'attaque la route.

Ce sont quelques 300 kilomètres qui défilent dans une totale béatitude. Sans concurrencer les bizarreries de la Cappadoce, les paysages que je traverse sont envoûtant. Et pour ne rien gâcher, il n'y a personne, et le bitume est d'une qualité parfaite. Je me surprends même à faire pencher la moto dans quelques longues courbes. La température est idéale, je vis un pur moment de bonheur. Le monde est sous mes roues, je me sens bien.

Etrangement, à l'approche d'Ankara, la route se dégrade brutalement. Je recommence à me mettre debout sur la moto pour amortir les chocs par mes genous. Puis, assez vite, ce sont de larges 4 voies qui mènent vers la capitale politique de la Turquie. Je ne veux pas revivre le pénible moment de la veille, pour  retomber un pénible hôtel. Ankara ne m'intéresse pas, et je bifurque donc vers l'aéroport en espérant trouver des hôtels d'un certain standing. Si les zones touristiques sont bien fournies, le reste du pays me semble exangue de logements temporaires. Je roule encore et encore sans rien trouver. Il me faut aller vraiment loin pour atteindre le Esenboga Airport Hotel, qui est un cinq étoiles. Pour 50 euros, je m'offre le plaisir du luxe, avec une grande chambre à moquette, pourvue d'un giganstesque lit et d'une salle de bain propre. Le petit-déjeuner est inclu : buffet à volonté. Je ferai un carnage ! Pour l'heure, je mets le site à jour, et je me repose de la longue journée de route. Demain devrait être assez similaire.