AntoineViau.com

Parce que les transatlantiques...

Le départ, le premier jour : Hanoï
Voyages - 2009 - Vietnam (à pieds, bus, train, etc.)

Jeudi 12 novembre, 12:07, aéroport Charles De Gaulle
Mes capacités en terme de retard peuvent dépasser l'entendement. Ma meilleure amie en a fait la douloureuse expérience, il y a quelques mois, lorsqu'elle me vit arriver à l'embarquement moins de 10 minutes avant notre décollage pour Istanbul. Mes oreilles sifflent encore de ses malédictions.
Fort de cette expérience, j'ai opté pour un réveil matinal : 8h30 pour atteindre l'aéroport avant 11h00, envol prévu à 13h15. Mais on ne renie pas sa destinée aisément ! C'est à Gare du Nord que j'ai patienté dans un RER B très immobiles pendant 20 longues minutes. Résultat : Julie me devançait au comptoir, heureusement dénué de file d'attente. Cette volonté d'arriver tôt cachait un double objectif : prendre l'avion, et si possible en étant assis sur les rangs avant, afin d'étendre mon mètre quatre-vingt deux.
Objectifs atteints ! Julie vante ce résultat par ses talents d'hypnose (autrement dit : elle a sourit au monsieur) et sa subtilité ("oui, oui, mon frère est pilote sur triple-sept"). Subjugué par tous ces atouts, l'embarqueur a répondu à nos voeux avec force diligence.

Au petit jeu des bagages, la nature féminine de ma camarade est confirmée par le poids déclaré : 9 kilos contre 5,5 pour ma testostérone. Son paquetage comprend deux polaires (pour 30 degrés annoncés à Hanoi), plusieurs paires de chaussures, deux trousses à pharmacie, un oreiller en plume, et tant d'autres accessoires indispensables. Dire que je culpabilisais presque à l'idée de prendre des tongs...
Quelques heures d'attente plus tard, nous sommes dans l'avion, avec de la place pour nos jambes et un groupe de retraités voyageurs aux alentours. Julie opte d'entrée pour la solution "pan dans la gueule" : une coupe champagne et un Mercalm. Bien que, je cite, "suis perdue quand je suis pas en business", elle appréciera le voyage dans un sommeil profond. Pour ma part, quelques films, deux vagues siestes et le début de ce récit contenteront mon impatience. Mais pas franchement mon état de fatigue.

Surprise à l'arrivée : nous étions préparés à recevoir un choc thermique conséquent à la descente de l'avion. Nous sommes, finalement, accueillis par une température agréable et une humidité assez discrète. Après avoir constaté que les français (et les belges) sont effectivement bien les pires touristes du monde (braillards et impolis) nous sautons dans le taxi de l'hôtel pour rejoindre nos camarades.
Habituellement, une sortie d'aéroport est une expérience relativement uniforme quelque soit le pays. Pour le Vietnam, cela serait plutôt un dépaysement d'entrée de jeu ! Les 40 kilomètres qui nous conduisent à notre hôtel sont composés d'une 2X2 voies. A gauche les voitures. A droites les scooters. Enfin, en principe. La règle : le plus gros à raison. Pour le signifier : le klaxon.
Les scooters sont, pour la plupart, des 150 cm3, montés par une, deux, trois, voire quatre ou cinq personnes. Pas de distinction de classe ou de sexe : du costard, du bleu de travail, des femmes à talons, ou des ouvriers en bottes... Toutes les tranches de la population sont représentées en deux-roues. Et s'il n'y a personne à la place passager, ce sont diverses montagnes de marchandises qui s'y trouvent. Nous avons vu des cages à oiseau, des piles de cartons, et un tas de chiens morts pré-embrochés... La circulation est d'une fluidité surprenante. Chacun semble être placé idéalement dans ce ballet dangereux. Julie et moi ne manquons pas de nous faire des frayeurs qui n'atteignent jamais notre conducteur. Celui-ci use de son klaxon sans agressivité, mais avec une assiduité constante.


Une fois entrés dans la ville, nous constatons l'apothéose de ce concept de circulation. Les grands carrefours sont de l'art abstrait ! Chaque seconde est annonciatrice d'un drame routier. Et pourtant... A chaque fois... Ca passe. L'ensemble est une gigantesque cacophonie polluée. Ca vroum et ça bip-bip tant et mieux dans un nuage de poussières et fumées permanentes. Entrer dans le dédale de la vieille ville est une expérience sans précédent. Et en moins de temps qu'il n'en faut pour le réaliser, nous retrouvons Florent et Aurélie...

Hanoï, à pieds...
Après retrouvailles et congratulations, nous partons faire une balade dans la vieille ville, et allons voir nos premiers lieux touristiques. Si la voiture nous a donné un aperçu de la "densité" de la cité, nos premiers pas nous mettent tout suite dans sa réalité. L'étranger est d'abord confronté au terrible moment de traverser une rue, ou pire, un carrefour. Florent et Aurélie, déjà plus expérimentés ont l'air narquois de ceux qui sont déjà passés par là. Indulgents, ils nous expliquent le principe. Le flot de scooters et voitures est généralement continu. Mais il n'en est pas pour autant dénué d'humanité ! Il faut simplement lui signifier sa présence de façon claire et logique. Autrement dit, pour passer d'une rive à l'autre de ce fleuve motorisé, il suffit d'avancer, calmement, sans précipitation (ne pas courir !) et compter sur la qualité de vision des conducteurs, et celle des freins de leurs bécanes. Les premières tentatives sont effrayantes. Mais assez vite, on s'y fait, et l'on entre alors dans la logique de ces flux.



La vieille ville d'Hanoï est une sorte de gigantesque marché ou chaque rue comprend sa spécialité : nourritures diverses et variées, chaussures, t-shirts, ustensiles de cuisine, cosmétiques, etc. Ce sont donc des enfilades d'échoppes, surmontées d'habitations. Il faut d'ailleurs penser à lever les yeux pour profiter de l'architecture et de ses immeubles colorés. Une multitudes de petits "snacks" parsèment les rues. On y mange accroupi sur de mini-tabourets, pour des prix ridicules : moins d'un Euro pour un plat complet à base de viandes, riz et légumes. L'expérience est intéressante, pas mauvaise, et nous ne déplorons aucun mort.

Après quelques heures de balades, nous faisons une petite pause dans un bar qui nous semblait "lounge" et idéal pour nous reposer de la pollution auditive. Las ! Nous profitons surtout de la musique locale à fort volume en buvant des boissons angoissantes de tourista. Ce qui ne nous empêche de ressentir assez violemment les effets du décalage horaire. Mais il est alors de temps de retourner à l'hôtel pour reprendre nos bagages. Ce soir nous prenons un train pour Sapa, tout au nord de pays. Dix heures en couchettes luxes...

Flashback, arrivée par Aurélie et Florent
Comme de bons organisateurs, nous avons ouvert la voie en partant la veille. Premier constat : il peut faire très chaud au Viêtnam et aussi très humide.
Grace à notre légendaire organisation, le premier hotel avait été réservé avec le taxi pour y aller. La circulation, comment la décrire : des deux roues à foison, peu de voitures, des camions, un bordel sans nom, pas vraiment de feux et en plus ils ne sont pas respectés. Le piéton la dedans??? pour traverser la rue, simple, choisir le point d'arrivée de l'autre coté de la rue, fermer les yeux et avancer d'un pas résolu mais trop rapide. Courir en traversant est le plus grand danger!!!