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Parce que les transatlantiques...

Hue
Voyages - 2009 - Vietnam (à pieds, bus, train, etc.)
Bonne surprise à la vue du wagon qui nous accueillera pour la nuit : les compartiments et leurs couchettes semblent d'excellente facture. Nous devions avoir la version "dure" et toutes les hypothèses ont été émises. Car, force est de constater que le Vietnam aime à dormir sur du solide ! Dans notre train de classe supérieure, d'il y a quelques jours, les matelas étaient d'une épaisseur millimétrique, et offraient le confort du béton. Que devions-nous attendre cette nuit ? Des planches avec des draps ? Des hamacs ? Des lattes à même le sol ?
Que nenni ! Six couchettes dans un compartiment propre, tout en bois, avec l'épaisseur réglementaire attendue. Bref, un peu moins de volume, mais une qualité de sommeil garantie par un semblant d'habitude.
Ce confort est, apparemment, uniquement destinées aux touristes. Le wagon ne comprend que des occidentaux. Les Vietnamiens plus loin, dans des sièges classiques, pour toute la nuit. Le trajet dure une douzaine d'heure. Je m'effondre tout habillé, et sombre dans un sommeil profond. Si le bruit, conséquent, du train ne trouble pas mon passage au pays des songes, je fais quelques escales pour éviter de m'ankyloser sur mon bout bois qui fait office de lit. Bref, je dors bien et me réveille deux bonnes heures avant l'arrivée. Je les passe dans le wagon jouxtant le nôtre. Petit moment de solitude, toujours bienvenue, pour constater un éternel ciel gris, maintenant accompagné de la pluie. Point de surprise ici : nous avions tournicoté autour de divers sites météo, cherchant une once d'espoir au détour d'une page web. La réalité rejoint les prévisions scientifiques : temps de merde.

Autour de moi, ça roupille en boule, ou ça émerge en morceaux. Le train s'arrête à quelques stations avant son terminus et le wagon est peu chargé. Je me regarde le dernier épisode de la première saison de Being Human, puis Florent me rejoint. Nous causons un peu, échangeons nos impressions, parfois mitigées sur le Vietnam et ce voyage. Voilà presque dix jours que nous sommes ici, et nous n'avons quasiment pas vu de soleil. Le moral s'en ressent parfois. Il faut passer outre, et avancer. Et c'est, à mon sens, ce qui "fabrique" un tel voyage : avancer, continuer de regarder, vivre et goûter ce présent. Il peut être fatiguant, déplaisant... Mais il construit forcément quelque chose.

Trêve de réflexions de comptoir : nous voilà à Hue. Florent est, depuis le départ, notre organisateur en chef. Et je dois dire que son efficacité n'a de cesse de m'impressionner. Il nous a trouvé l'hôtel, et fait venir un taxi pour nous y conduire. Ainsi, nous sommes immédiatement recueillis à la descente du train et déposés en quelques dizaines de minutes dans nos chambres. L'endroit est correct, un peu frais et humide, mais il suffira bien. Surtout lorsque l'on a vérifié la disponibilité de couvertures supplémentaires.
Il bruine sans discontinuer dehors, mais nous nous refusons à abdiquer de notre statut de voyageurs "roots" pour autant : direction le marché local ! Et bien nous en prend, car, si l'entrée est peu engageante, une fois immergé, c'est un festival ! Des couleurs, des odeurs, des bruits, des cris... On trouve absolument de tout : de la viande, des cahiers, des légumes, des vêtements, des friandises, des montres, des médicaments, etc, etc. Chose étonnante, nous voyons des gens dormir un peu partout. Parfois sur une chaise, parfois sur un lit, et souvent à même l'étal !
Comme c'est l'heure du déjeuner, nous sautons sur l'occasion pour manger "à la locale", dans un boui-boui plutôt fréquenté par les marchands. Ainsi, sur de minuscules bancs, protégés d'une bâche en plastique, nous goûtons phôriz au porc, poisson, dans une ambiance unique.  

A la fin de notre tour, nous partons faire quelques provisions dans un "vrai" supermarché. Il faut comprendre par là que nous allons surtout acheter des gateaux pour que Julie ne défaille pas au milieu de la journée. C'est qu'il faut la nourrir la petite, sinon elle faiblit !
Puis, retour à l'hôtel pour un peu de repos. Le train de nuit n'est pas des plus récupérateur. Nous terminerons la journée dans un petit restaurant dont le patron est photographe et s'expose aux clients.

Pour la journée du lendemain nous avons décidé de nous faire plaisir. Hue étant la ville clef pour tout ce qui concerne l'histoire et la culture vietnamienne, nous passons par une agence afin d'être accompagnés par un guide francophone sur les principaux monuments.
Nous le retrouvons à 8h30 comme convenu et partons avec lui dans un superbe 4x4 anti-écotourisme. Au menu : la Citadelle, la cité Impériale, pagodes et divers tombeaux. Notre accompagnateur parle correctement mais semble un peu en mode automatique. Toutefois, il répond à nos questions avec précision et sans coup férir. Nous faisons nos devoirs : photophotophotophotophoto et encore photo !
Comme de bien entendu, car nous ne nous faisions plus trop d'illusions, il nous dépose à des interludes à "toutous" (touristes) auxquels nous ne cédons pas un Dong (monnaie locale).

Nous terminons par un petit moment de quartier libre. Ensuite, Aurélie, Florent et moi nous retrouvons pour un massage. "Full body" à -50%, soit $9,50 ça ne se refuse pas ! Il aura été dit que ce voyage au Vietnam sera sous le signe du froid : les douches n'ont plus d'eau chaude. Nous serrons les dents, couinons de concert, et expédions au plus vite cette épreuve. Heureusement, un jacuzzi à la chaleur idéale oblige une transition salvatrice.
Pendant qu'Aurélie est déjà entre les mains d'un jeune homme, nous, les garçons, sommes invités à entrer dans une cabine double par deux jeunes demoiselles.
Une heure de massage où chacun appréciera à sa façon les diverses manipulations. Pour ma part, c'est un morceau de bonheur. Sauf quand elle s'attaque à la plante des pieds. Je suis trop chatouilleux et crains de lui coller mon talon dans le nez par mégarde.
Quand à Florent, il est moins sensible aux talents manuels de sa masseuse et n'arrive pas à se décontracter. Peut-être que son succès le gêne aux entournures ? Car il faut savoir que notre camarade rencontre un certain succès dans le pays. Et même s'il ne fait que balbutier la langue, il sait saisir au vol les compliments...
Nous aurons droit à un interrogatoire en règle : âge, statut marital, hôtel, etc. Pour ma part, je suis poliment "handsome" et s'il fait froid à Hue, il faut que je trouve une girlfriend pour me réchauffer. Nous expliquons que l'un et l'autre avons déjà des personnes dans nos coeurs, et que, pour le froid, nos polaires feront l'affaire.  

Dans le même esprit, bien plus tard, un homme nous propose de la marijuana avec insistance. Nous refusons fermement : pas franchement envie de rejouer Midnight Express façon vietnamienne.
Petit restaurant, petite balade et retour à l'hôtel : demain nous prenons la route de Hoi An, ville réputée pour ses boutiques capable de fournir tout type de vêtement sur-mesure, à des prix incroyables. Ca tombe bien, j'ai besoin d'un nouveau manteau pour l'hiver...