Parce que les transatlantiques...
| Saïgon |
| Voyages - 2009 - Vietnam (à pieds, bus, train, etc.) | |||
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Le trajet en avion entre Danang et Saïgon (l'ancien nom de Ho Chi Minh Ville) se fait sans encombre. Il nous permet de constater l'efficacité de Vietnam Airlines sur les vols intérieurs. Peu d'attente, organisation impeccable et du WiFi dans l'aéroport. Arrivés à destination, nous retrouvons très vite l'ambiance des grandes villes. Voilà quelques jours que nous étions installés dans un presque village, sur un rythme de plus en plus vacancier. Finis plages et boutiques de sur-mesure ! A présent, ce sont des écrans et des néons partout, le retour du bruit permanent et une circulation toujours plus dense. On nous avait prévenu que Saïgon était plus moderne, plus "speed" que Hanoi. Cela se ressent dans les enseignes, les batiments, la fluidité du traffic, et surtout cette impression que rien ne s'arrête jamais ici. S'ajoute aussi le climat réellement vietnamien à présent : chaud et humide. La sortie de l'avion climatisé est une gentille claque. L'hôtel nous annonce une désagréable surprise : nous avions réservé deux chambres et une seule est disponible. Mais après bientôt trois semaines ensembles, nous sommes au-delà de ce genre de désagrément. Il y aura donc un matelas par terre en guise "d'extra-bed" et nos affaires un peu partout. Autre déconvenue : la fenêtre donne sur la rue et il faut agrémenter nos oreilles européennes de boules Quies pour supporter le bruit de fond de la ville. Le lendemain est destiné à la découverte de Saïgon. Un trajet balisé du Lonely Planet nous permet de voir l'essentiel des monuments, simplement en nous baladant. Avant cela, nous avons organisé nos derniers jours. Julie et moi partons après-demain soir et ferons donc le delta du Mekong en une seule journée, sans Aurélie et Florent. Eux partiront visiter les tunnels de Cu Chi. Nous nous retrouverons la journée d'après pour la mangrove avant de nous dire au revoir. A l'heure du déjeuner nous avisons deux jeunes filles en train de manger sur un banc. Elles nous indiquent deux femmes sur le bord du trottoir qui vendent des nouilles accompagnés de viandes et légumes. Puisque les locaux mangent ainsi, nous faisons de même. C'est un délicieux repas autour d'un banc qui nous offre une pause salvatrice dans cette journée de marche. Notre balade saïgonaise nous fait passer par le grand marché. C'est un immense entrepôt fermé où l'on trouve de tout : cosmétiques, vêtements, fruits et légumes, ustensiles de cuisine, souvenirs pour touristes, viande, poisson, etc. L'agression commerciale est quasi permanente. Alors que dans le reste du pays l'on est seulement sollicité verbalement, ici c'est une main qui vous retient par le bras, ou un barrage insistant en guise de première proposition. Toutefois, c'est fait avec le sourire et si l'on sait garder son calme cela en deviendrait presque un jeu. Nous profitons de l'endroit pour repérer et/ou faire nos derniers achats avant le retour en France. Cela fait, nous partons en chasse d'un nouvel hôtel, histoire de quitter notre statut de sardines. Après quelques visites, nous trouvons notre bonheur pour $17 la nuit, et pas trop de bruit. Proche du marché, il y a une avenue bordée d'arbres qui débouche sur une grande place. Le long de l'avenue, des dizaines de scooters sont garés, alignés, et sur chacun d'entre eux des couples installés, enlacés, s'embrassent et se câlinent. C'est la zone "romantique" du quartier. On trouve aussi quelques amoureux sur les bancs publiques dans les allées, mais les deux-roues semblent avoir un potentiel sensuel plus important ! Sur la place, des habitants viennent passer la soirée. Certains papotent, se promènent, d'autres jouent à divers jeux. Alors que je photographie l'endroit, je suis alpagué par quelques jeunes gens de belle tenue (pantalon noir, chemises blanches) : ce sont des étudiants qui recherchent des touristes pour pratiquer leur anglais ! Et je me retrouve soudainement à présenter cinq ou six enthousiastes à mes camarades de voyage. Nous passerons un petit quart d'heure à échanger nos identités et parcours respectifs avant d'aller manger. De retour sur la place, nous découvrons qu'il y a même des danseurs ! Au programme : cha-cha, aérobic et rock. Les choix musicaux sont assez exotiques. Outre les adaptations vietnamiennes, très boum-boum, nous avons eu droit à "Voyage, voyage" de Desireless ou "L'Amérique" de Joe Dassin ! Julie et Florent tenteront un peu de rock et West Coast Swing. Moment de gloire assuré puisque tout le monde les regarde ! Cela se finira par un cours publique dispensé par Florent... Après une nuit de sommeil, tassés à quatre, nous envisageons la journée d'excursion dans le delta du Mekong. L'organisation a été confiée à la référence locale en matière de "tour operator" : Sinh Cafe. Effectivement, on sent bien qu'ils sont rodés. Deux bus nous attendent, l'installation et la répartition sont quasi militaires, mais on nous distribue de l'eau afin de réduire notre effroi. Le guide est un vietnamien à l'anglais correct, plutôt énergique, spécialiste en blagues vaseuses. Des exemples ? "Pourquoi les gorilles ont-ils des grandes narines ? Parce qu'ils ont des gros doigts". Oui, je sais. Et ça a été comme cela pendant la moitié du trajet, soit une heure complète. Nous sommes des héros à présent. Arrivés à l'embarcadère, nous sommes enchantés de constater que ça n'est pas l'usine comme a pu l'être la baie d'Along. Nous sommes alors trimballés toute l'après-midi sur divers lieux et activités. La réputation de Sinh Café n'est toujours pas usurpée et je dois bien avouer que c'est assez plaisant. Pourtant, je suis loin d'être consommateur de ce mode de tourisme ! Au programme : découverte et dégustation de crêpes de riz et coco, de miel local, fruits frais et bonbons à la coco. Chacun dans un lieu différent, avec en prime un petit spectacle floklorique, un tour en cariole, et une balade en pirogue. Après deux heures de bus et d'humour vaseux, nous replongeons dans la chaleur moite de la ville pour une soirée assez similaire à la précédente. Les danseurs continuent de s'exercer sur des musiques impossibles. Le lendemain, nous partons tous les quatre avec un chauffeur privé déniché par une connaissance familiale de Julie. Encore deux heures de trajet. D'abord les embouteillages, puis la traversée d'un bras de mer sur un ferry, et enfin une route totalement défoncée où nos vertèbres font office d'amortisseurs. Mais l'objectif justifie ces petits désagréments ! Nous arrivons dans un parc où vivent en liberté des singes, et en captivité des crocodiles. L'inverse eut été inquiétant. Durant la guerre contre les américains, il y avait ici un camp Vietcong. Un excellent parcours nous montre les conditions de vie d'alors, avec mannequins reproduisant les situations : médecins, couturières, fabrication de bombes artisanales, rencontres fortuites avec les crocodiles... Et pour traverser l'immensité du parc, on nous transbahute en pirogue à moteur, pilotée avec une fougue de surfeur par un employé zélé, limite farceur. Alors que nous retournons vers la sortie, nous croisons un singe. A notre arrivée nous étions prudent, voire un peu angoissés, de les sentir si proches. Après quelques heures nous les ignorons. C'est pour cela que Florent n'a pas le temps de voir venir celui-là, puis se faire sauter dessus, agrippé à son t-shirt qui lui vole son 7-up ! Si j'ai pu saisir l'appareil photo dans la main de Florent, un peu figé par l'événement, je n'ai pas eu le temps d'immortaliser ce moment d'amour malhonnête avec son Cheeta personnel. Plus loin, près de la voiture, c'est autour de Julie de subir une tentative de vol, sur son sac plastique où brillent diverses canettes. Il faut le savoir : si Julie n'est pas très rassurée en présence des singes, il ne faut pas qu'ils viennent lui taquiner les canettes ! Le King-Kong miniature qui a tenté l'arrachage n'a pas réussi son coup tant notre Maman serrait fort le butin. Et pendant le forfait, un complice tentait de piller de la voiture. Heureusement, Aurélie l'a surpris et le chauffeur l'a délogé manu militari ! Nous déjeunerons pas loin de la mer, dans un boui-boui local, au grand dam de notre chauffeur qui espérait certainement que nous irions profiter, avec lui, d'un restaurant de meilleure qualité. Après une dernière balade sur la plage, nous retournons sur la ville, avec les mêmes deux heures de routes. L'heure du départ approche alors très vite. Nous faisons les derniers achats et le dernier repas, que déjà notre taxi nous attend. Un rapide au revoir aux amoureux, et il ne nous reste plus que les dernières minutes en voiture pour vivre encore un peu le dépaysement vietnamien. Je goûte encore un peu la folie de cette ville, accompagné par la sélection musicale improbable de notre conducteur. Les treize heures d'avions passent assez vite. Nous avons la chance d'être dans une sorte de classe intermédiaire où je peux allonger mes jambes. Et comble de chance, nous sommes deux pour trois sièges. Une fois à Charles De Gaulle, je m'amuse à peser mes bagages avant de sortir. J'étais parti avec 5,5 kilos. Je reviens avec 29 kilos ! Je bénis alors la gentillesse de notre camarade Jean, qui a eu l'insomnie de venir nous chercher à l'aéroport, et nous ramener dans nos pénates. Premiers embouteillages français, premier petit-déjeuner café/croissant... Je rentre chez moi vers dix heures. Fin du voyage.
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