Jour 20 : routes suédoises

 

22-08-2002 : 488 km / 5576 km

moto20

Mmmm, que vais-je prendre pour rouler aujourd'hui ?

Enfin le plaisir de rouler !Depuis l'Ecosse j'attendais de pouvoir retrouver ces sensations qui font qu'on se crève la santé et les finances sur une moto. Si les paysages ne sont pas très variés, et si les routes ne sont pas aussi tortueuses que celles que l'on peut trouver en montagne, il n'en reste pas moins que la journée fut fort agréable.Il y a peu d'autoroutes en Suède, seulement autour des grandes villes et parfois un tronçon de-ci, de-là. Et pour cause ! Leurs nationales et départementales sont gigantesques. A la hauteur des immensités parcourues, ces rubans de bitumes sont larges, s'étendent à l'infini en longues lignes droites et grandes courbes.  

lac  

foret

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maison

Et si l'on cherche bien sur la carte, on trouve des portions un peu tortueuses qui promettent bien des joies.Promesses tenues, à fond de 6, avec une visibilité parfaite, pas un chat et une qualité de revêtement digne d'un tapis de billard. J'ai enquillé les 500 kilomètres de la journée sans même m'en rendre compte, passant de fôrets en fôrets et de lacs en lacs. Sur une large portion j'ai emmené la moto sur l'angle en toute sérénité, jouant sur le couple du bicylindre et ma nouvelle huile de fourche (15W au lieu de 10W).Là encore, il convient d'être prudent sur la gestion du carburant. Il y a des stations essence un peu partout, mais il ne faut pas trop jouer avec la fin de la réserve, sous peine de se retrouver à 15 kilomètres du prochain plein. Pour moi le problème ne pose pas trop : je suis tombé deux fois en panne sèche dans ma vie de motard et je ne tiens vraiment pas à ce que ça se reproduise ! Je suis donc maniaque et je vais jusqu'à faire le plein AVANT de passer en réserve.Comme en Hollande et au Danemark, les automobilistes roulent lentement, voire très lentement. La conduite de gentleman que j'avais décrite pour l'Angleterre est, ici,  poussée à l'extrême. La bande d'arrêt d'urgence est utilisée pour faciliter les dépassements. Il suffit de se mettre un peu à gauche de sa file pour voir le véhicule de devant se déporter immédiatement à moitié sur la BAU et laisser ainsi un large couloir où accélérer. Pour peu que l'on adopte le rythme de conduite suédois il y a de quoi exploser les records d'autonomie de la moto ! ville Les quelques villes et villages que j'ai croisé m'ont déprimé... La densité de la population est faible et cela se ressent au cœur même des agglomérations : c'est vide ! En fait, il y a beaucoup de grands espaces (parkings, places publiques, terrasses...) mais sans jamais grand monde pour les occuper. Cela doit être pour cette raison que, à l'instar des autres pays nordiques que j'ai traversés, beaucoup de gens se déplacent en vélo à l'intérieur des cités.Je confirme ce que j'ai pu dire à propos des garçons et des filles. Il y a effectivement des filles magnifiques, pas seulement blondes d'ailleurs. Visages fins et corps de rêve, il y a de quoi faire la bise à un platane tous les cinq mètres si l'on oublie que l'on est sur une moto ! Pour les garçons, le mythe du beau, grand et fort gaillards typé viking c'est déjà moins courant. La bière semble faire des ravages ici, et j'imagine que le manque de brassage génétique ne doit pas améliorer la chose (mais pourquoi seulement les garçons ?). Une amie franco-danoise m'avait déjà parlé de cette disparité esthétique entre les sexes dans les pays nordiques, et j'avais du mal à la croire... Maintenant je comprends tout à fait.Je n'ai pas vraiment réussi à nouer de contact avec la population et à faire des rencontres. Habituellement, j'ai toujours quelqu'un que j'intrigue avec ma moto et mon ordinateur portable, que ce soit à la terrase d'un café ou dans une auberge de jeunesse, et la discussion s'engage spontanément. Ici, j'ai l'impression d'être transparent et ce manque de "chaleur" ne m'engage pas trop à aller vers les gens. Au moins, je n'ai pas renouvelé les expériences désagréables d'hier et les quelques personnes avec qui j'ai parlé pour commander à manger, ou m'installer dans une auberge, ont été souriantes. Ca fait du bien !A noter : tout le monde parle anglais ici, avec un accent parfait. Ce qui peut donner des situations honteuses ! Lorsque je demande où se trouve le youth hostel et que je le répète trois fois avant que la personne ne le dise à son tour avec la bonne prononciation, les yeux au ciel, il y a de quoi se sentir idiot...

J'écris dans une auberge qui est à environ 100 kilomètres de Stockholm. Très familiale, il y a plein d'enfants qui courent partout. Demain, je passerai dans la capitale et verrai si j'enquille directement la Finlande où si je prolonge mon passage en Suède en suivant la côte. D'après ce que je sais, le tarif des ferries pour la Finlande est ridicule (de l'ordre de 20 euros) et je pense que je vais aller voir les lacs là-bas. A confirmer...