Jours 11-12-13 : difficile retour sur le continent

13-08-2002 : 610 km / 2899 km 14-08-2002 : 364 km / 3263 km

15-08-2002 : 338 km / 3601 km

Quelques jours sans journal...

 

 

Je n'ai rien fait de si passionnant qu'il soit racontable sur ce site. Parti assez tard de la "rail station", avec l'image d'Allan et Pelinda dans la tête, j'ai enquillé près de 600 bornes d'autoroute pour aller chez Emmanuelle, amie chère à mon cœur qui habite Chester.Donc rien de notable ce jour là, si ce n'est l'idée de m'arrête à Manchester pour voir ce que c'est qu'un match de foot dans un pays où d'aucun n'hésite pas à porter un t-shirt marqué : "football is my religion". Quant à Emmanuelle, ce fut un plaisir triste que de la revoir, mais cela ne concerne que nous...Le lendemain, tandis qu'elle était au boulot, j'ai odieusement squatté chez elle afin de finir les articles en cours.Puis j'ai repris la route pour Guilford, chez Alex et Mumu, où je n'ai fait que passer, mon ferry pour le continent étant à 7 heures du matin.

Retour sur le continent...

Il a été difficile de passer des Highlands, frais et pluvieux, aux autoroutes anglaises ennuyeuses à souhait, puis à celles du continent qui a retrouvé une chaleur estivale trop vite oubliée. De Calais je suis directement allé à Bruxelles. Autre contraste difficile : la ville. C'est toujours les mêmes galères : embouteillages à l'entrée, difficultés à se repérer et donc à trouver les auberges de jeunesse. Je découvre à cette occasion que mon logiciel fétiche, Microsoft Autoroute, n'est pas si génial que cela. Il a une énorme lacune : son système de recherche est limité à la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Etonnamment, les moindres petites routes et rues de tous les pays sont visibles sur la carte, mais pas forcément trouvables lors d'une recherche. Je suis donc obligé de jongler pour trouver telle ou telle rue qui doit me mener à la prochaine auberge.Mais après quelques détours, involontaires, je finis tout de même par arriver à celle de Bruxelles. Autre retour à la dure réalité : après la nature sauvage d'Ecosse... la nature sauvage des villes. L'auberge est située dans un quartier populaire. Pas tout à fait une cité, mais en face il y a une barre d'immeubles où des "jeunes" tuent le temps en fumant des joints.

gamins Arrivé un peu trop tôt, je dois patienter une demi-heure avant d'avoir accès à ma chambre. Me voyant fumer une clope auprès de ma moto, un gamin de quatorze vient me demander du feu pour la sienne (déjà !) et regarde la SVS avec envie. Il me demande à combien elle monte, combien elle consomme, etc... et nous commençons à papoter du monstre. Assez bizarre le mélange des accents arabe et belge. Moins agressif que le verlan de nos "z-y va", cela donne finalement un français bien mieux parlé par des belges ! Comme le gamin et ses copains n'ont pas l'air méchant, et que je n'ai globalement pas trop le choix, nous nous retrouvons tous autour de la moto où l'un après l'autre ils montent  à bord, moteur tournant. Je vais même, confiant, jusqu'à leur laisser la poignée des gaz pour qu'ils sentent la puissance du moteur. Evidemment, je garde une main prête à bondir sur le coupe-contact en cas de "soucis"... Mais ils sont surtout ravis de pouvoir jouer avec le bi-cylindre, à hauteur de 4000 tours/minute maximum !  La séance moto finie, je discute de choses et d'autres avec eux. Ils s'appellent respectivement de gauche à droite : Adbelmajid, Mehmet, Gary et Adbel. Gary est d'origine anglaise, Abdelmajid est né au Maroc, et les deux restants sont nés en Belgique, de parents marocains.Le plus âgés, fier de l'être, est Abdel et... il a vingt ans ! C'est avec lui que je causerai le plus. Il me raconte la vie du quartier. Pour lui, ça n'est pas une cité, et je ne peux que confirmer ses dires. Tout autour de la "barre de béton", ce ne sont que des petits immeubles assez anciens, un peu cradingues mais qui gardent un cachet charmant. Ils se plaignent qu'il n'y ait rien à faire à Bruxelles. Alors ils trainent en bas de leur immeuble et fument des joints de temps en temps. Ils sont encore à l'école, en soudure, plomberie ou électricité. Il n'y a que Gary qui est dans un cycle d'études "standard". Je m'amuse quand ils essayent de me faire peur en me parlant du vol de moto et des problèmes de plus en plus importants qu'il y a du côté de l'auberge. Je n'oublierai pas de fixer mes antivols sur la SVS, cachée dans le parking !Ils me parlent beaucoup de la police. Apparemment, il ne fait pas bon d'être d'origine arabe lorsqu'on la croise. Ils me racontent diverses anecdotes et bavures. Pour eux, les policiers sont des "rascars" (racistes) et n'aiment donc pas les "rototos" (arabes). Chose surprenante, c'est le plus jeune d'entre eux, Mehmet, qui pose un bémol en précisant qu'il y a des flics "sympas quand même". Les autres, l'air contri, on l'air de l'admettre difficilement.Mort de fatigue, je les laisse pour aller me doucher et dormir un peu. Ils m'indiquent le chemin le plus court pour le centre ville et me disent quoi voir... Un véritable office du tourisme ! Chaque fois que je sortirai ou rentrerai, je les croiserai en bas de l'immeuble. Chaque fois nous discuterons un peu. Je pense qu'ils m'aiment bien, même si je ne suis pas de leur monde, et c'est réciproque.

Bruxelles.

Je n'ai apprécié que moyennement cette ville. Mais les conditions n'étaient pas idéales : pleine saison touristique, fatigue, chaleur... Niveau architectural elle est magnifique : essentiellement de vieux immeubles et des monuments superbes. J'ai fait le trajet touristique standard : place de la Bourse, Hotel de ville et Manneken Pis ! Bien sur, je suis allé me perdre un peu dans les petites rues, mais je n'y ai pas trouvé vraiment de charme.J'imagine que dans d'autres circonstances, je saurais mieux "m'ouvrir" et apprécier à sa juste valeur la capitale Belge et Européenne.Coup de chance dans ma morosité, il y a un parterre de fleurs gigantesque qui a été installé place de l'hôtel de ville pour un spectacle son et lumières basé sur des jets d'eau. Les touristes sont agglutinés tout autour, ça n'est pas très impressionnant mais j'apprécie le moment quand même.

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Petit bilan.

Pour le moment, je n'ai rien à redire. Il y a eu des moments fabuleux, d'autres moins drôles, mais ça fait partie du voyage. La moto roule parfaitement, a vaillamment passé le cap des 30000 kilomètres et ne m'a réservé qu'une seule mauvaise surprise. En plein sur l'autoroute, elle s'est arrêtée ! Cela m'était déjà arrivé auparavant, et je ne comprends toujours pas la raison. C'est comme si le contact était coupé soudainement. A priori, un problème électrique mais je ne vois pas pourquoi ça n'intervient pas plus régulièrement. Il me semble, mais je n'en suis pas certain, que cela se produise lors d'un changement de vitesse. Peut-être que sans m'en rendre compte je touche, avec le talon, la béquille qui active alors le coupe-contact.En dehors cette petite contrariété, elle a comportement routier exempt de tout défaut. Stable quelque soit la vitesse, toujours aussi disponible à la remise des gaz à (presque) tous les régimes, elle enquille les kilomètres comme si de rien n'était. Comme la prochaine révision s'annonce (en fait, seulement une vidange), j'en profiterai pour faire vérifier le circuit électrique. En ce qui me concerne, je tiens plutôt bien le coup physiquement. Toutefois, je me dois de faire attention à mes heures de coucher. La grasse matinée n'est pas autorisée dans les auberges de jeunesse (nettoyage oblige) et rouler fatigué n'est pas très agréable. Mon dos est solide, mes épaules aussi. Il n'y a que mon bras gauche qui me lance un peu parfois, mais rien de bien méchant. De toutes manières, je ne peux pas faire l'idiot avec les pauses, la capacité du réservoir étant tout de même limitée.