La journée d'hier était consacrée à mes amis Alex et Mumu. Donc point de route, mais simplement le plaisir de les retrouver, même si on les tondra quand quand ils reviendront en France. Et lorsque l'on est avec des amis, on papote, on discute, on bavasse et on se couche à des heures impossibles. Et comme ces deux affreux ont le mauvais goût de travailler, je me suis levé à la même heure qu'eux, c'est à dire : trop tôt.Inutile de dire que la journée fut longue et marquée par la fatigue.Ajoutons à cela des prévisions météo qui annonçaient de la pluie sur les trois quarts de mon itinéraire du jour, je ne me sentais franchement pas l'âme d'un découvreur de petites routes. J'ai donc décidé de ré-enquiller à nouveau de l'autoroute.Effectivement, la pluie était au rendez-vous. Mais l'Angleterre sans pluie ne serait plus l'Angleterre, isn't it ? Et c n'était pas la pire pluie que j'ai connue. Surtout de petites averses ponctuelles, crachins qui rafraichissent à peine l'atmosphère et réveille le pilote sur le long ruban de bitume. Mon équipement basique a bien tenu le coup et je n'ai pas eu spécialement à souffrir de l'humidité. D'un point de vue météo, ce qui surprend est l'alternance des variations. De nuages blancs et élevés, l'on passe soudain à des nuages bas et sombres dignes de Baudelaire pour enchaîner sur des éclaircies rayonnantes. A titre préventif, j'ai considéré que la veste de pluie par dessus le blouson serait mon vêtement de prédilection pour la journée, voire pour toute l'île.
Conduite anglaise, conduite de gentleman.
L'image d'épinal que l'on a souvent de l'anglais se résume à un costume, un chapeau melon et une forme de classe où la politesse joue un rôle prépondérant. Je suis extrêmement déçu de ne pas avoir croisé de chapeaux melons, en revanche j'ai découvert avec bonheur la politesse anglaise en matière de conduite.Un simple exemple de tradition routière résume tout : lors d'un dépassement, celui qui est dépassé se doit d'aider l'autre à passer.Cela a donné des situations totalement inédites pour le français que je suis : alors que restais tranquillement sur la file de droite (file la plus rapide, rappelons le), j'aperçois dans mon rétro une grosse moto. Difficile de ne pas la reconnaître, il s'agit d'une Hayabusa GSX1300R, connue notamment pour sa capacité à passer les 300 km/h. Généralement, tout motard sur ce genre d'engin et sur autoroute a une sévère tendance à allumer. Pour le coup, le type derrière moi attendait sagement, légèrement en décalé et à distance de sécurité honorable.C'est au bout d'une bonne minute que j'ai fini par comprendre ce qu'il attendait : je me suis décalé sur la gauche de ma voie pour lui laisser champ libre. Et très tranquillement il m'a dépassé. Sachant qu'il avait largement de quoi me passer à gauche ou à droite, m'enrhumer de façon conséquente, il y a de quoi être impressionné par un tel self-control !Cette attitute, on la retrouve partout et chez tout le monde. La conséquence immédiate en ce qui me concerne : j'ai fait de même ! Difficile de jouer au franchouillard latin hargneux et pressé lorsqu'autour de vous tout n'est que calme et sérénité au volant ou guidon. Donc point d'excès de vitesse (enfin, pas trop), ni de dépassement par la gauche (l'autre droite) ou de collage au pare-choc.La campagne anglaise.
Lassé par l'autoroute, et harassé par la fatigue, que je pressens dangereuse, je décide de chercher en milieu d'après-midi un point de chute. La forêt de Sherwood, patrie de Robin des bois n'est qu'à quelques encablures et il y a une auberge de jeunesse. Malheureusement, elle se révèlera full et je pousserai jusquà Lincoln, plus à l'Est. Cela m'a permis de goûter un peu aux routes et paysages anglais. Tout à fait à l'image que je m'en étais fait : verdoyant à souhait, parcourus de champs où paissent vaches et chevaux. C'en est au point où parfois je me suis demadé si je ne tournais pas en rond !Je n'ai pas croisé de villages, mais des petites villes très typiques où l'on voit de longs alignements de maisons en briques rouges avec petits jardins et perrons joliment décorés. D'ailleurs, l'auberge de jeunesse où j'ai aterri est assez représentative du point de vue de la décoration de la région.De la même manière, l'ambiance qui règne alors que je tape ce texte est assez surréaliste : je suis installé dans la véranda de l'auberge et trois vieilles dames très british bouquinent. Ma présence ne semble pas les gêner outre mesure mais je fais tout de même attention à ne pas faire trop de bruit en tapant sur le clavier...
Quelques photos de l'auberge de Lincoln




